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Nota Bene : pour la compréhension du lecteur, les dates sont fixées par rapport au calendrier international. Pour traduire selon le calendrier belondaure, il suffit de se référer à 1er octobre de l'An -703 = 1er Kalamanine (jour de l'an au Belondor) An 1. Nous sommes actuellement en 2711 depuis le 1er octobre 2008 (1er Kalamanine 2711).
Les Belons : des origines mythologiques à l'Empire maxeninien (-3881 à -703)
La mythologie du Royaume des Belons
Personne ne sait d'où viennent le peuple des Belons – nom donné par les Latrins aux habitants de l'actuel Belondor, les Belons se donnant le nom de « Lungiones », c'est-à-dire « les hommes » – comment ils colonisèrent ces terres et quand ils le firent... En tout cas, la mythologie voulait que les Belons étaient un peuple déchu des dieux (on comptait cent trente-sept dieux parmi la religion belonne) – dont on ne connaît d'ailleurs pas les raisons – et qui se seraient pour punition retrouvés sur les terres de l'Archipel, mortels, et qui plus est soumis à l'esclavage du Dolosas. C'est à partir de ce moment que commence l'« Histoire mythique » des Belons.
La « Guerre Originelle » et le Premier Roi
Il y a environ six mille ans, les Belons étaient soumis au Dolosas ; ceux-ci les avaient rendus en esclavage et les maltraitaient fortement. En 3881 (les dates sont celles d'avant notre ère), les Belons se soulevèrent, menés par un homme, Kalamanine, qu'ils proclamèrent Roi. La guerre fut longue et relativement meurtrière. Finalement la Bataille du Mont Valérien en 3852. Ainsi, après 29 ans de guerre, horrible, terrifiante, avec des centaines de milliers de morts, de massacres, d'exécutions sommaires, de batailles destructrices, les Belons obtinrent leur indépendance, dans un petit territoire autour de l'actuelle ville d'Ecosient (qui alors n'existe pas). Le Roi Kalamanine mourut peu après, en 3849. Bien que l'on ne connaisse que très mal le déroulement de cette guerre – dont aucune précision n'est donnée – on peut déjà en dire une chose : les Belons et plus tard, nous-même les Belondaures, ont utilisé cette guerre pour appeler à l'unité des peuples belons puis belondaures durant les siècles ; alors même que certains récits ancestraux rappellent le caractère extrêmement belliqueux et ombrageux de leurs relations tribales tout au long des siècles. Sans parler de conscience nationale, on peut dire que les prémices de l'esprit national belondaure sont déjà présents : courage, détermination, esprit de sacrifice, volonté d'indépendance, refus de la soumission, honneur, recherche de la gloire, recherche d'un passé et avenir comme. Ce sont les mêmes principes, les mêmes valeurs qui font partie du nationalisme belondaure (mais n'en constitue pas cependant la totalité). On peut dire c'est en partie à partir de ce mythe que s'est construite la nation belondaure.
Les « Premiers Temps »
Suivant cette « Guerre Originelle », le mythologie belonne fait intervenir des dizaines de Rois et de nombreuses guerres qui sont censées avoir formé la nation belonne, ce que les hommes de l'époque appelèrent les « Premiers Temps ». L'histoire qui va donc suivre n'est en rien véridique, elle constitue un mythe.
Les Rois Querelleurs
Pendant des années, les Belons furent assez centrés sur eux-mêmes et leurs querelles internes notamment pour la succession entre chaque fils. Si le fils de Kalamanine, Izaleninel Ier ne fut pas contesté durant son règne (3849 – 3820), les fils de ce dernier se querellèrent pour savoir qui serait Roi. Le fils aîné Loyuis Ier décida unilatéralement de prendre la Couronne, allant à l'encontre de ses deux frères Kariel et Sanljelon qui réclamaient un partage du Royaume. Ces deux derniers s'allièrent contre leur frère, prenant le parti de déclencher une guerre qui allait durer 7 ans (3819 – 3812). Ils l'emportèrent, se partageant alors en deux le Royaume : à Kariel l'est, l'autre partie revenant à Sanljelon. Finalement, ce dernier fit une guerre éclair à son frère en 3810, et se fit sacrer Roi des Belons tout exécutant son frère.
Son fils, Sanljelon II lui succéda (3803 – 3790) dans un règne sans réel éclat ni ombre. Ses deux successeurs, Sanljelon III (3790 – 3770) et Elbêröhn Ier (3770 – 3748) firent des règnes de la même teneur. Ce dernier décida de partager le Royaume entre ses cinq fils, déclenchant un conflit entre eux qui allait être connu sous le nom de la « Guerre des Cinq ».
La « Guerre des Cinq »
La « Guerre des Cinq » est la guerre qui opposa les cinq fils de Elbêröhn Ier de 3746 à 3743 : Odéon, Denfiel, Thièrrin, Piraès et Julien. Chacun leva des armées à partir des populations de leurs Royaumes respectifs. Chacun avaient un objectif précis : devenir le seul et unique Roi du Belons.
Les hostilités commencèrent avec la « Bataille des Cinq Ennemis » proche de l'actuel site d'Elbêröhnit. Les cinq armées, toutes ennemies, s'affrontèrent dans un choc sanglant le 3 avril 3746, qui fit plus de cent mille morts... les armées d'Odéon et Denfiel, les aînés, y furent totalement anhiliées. Les deux furent alors capturés par le benjamin, Julien, qui les décapita de sa propre main. Le sentiment familial semblait bien faible à cette époque si l'on en juge le nombre de guerres fratricides. Les armées de Thièrrin et Piraès parvinrent à s'échapper. Ce fut l'unique bataille rangée de cette guerre qui se révélait être une poursuite de Thièrrin et Piraès. Julien ne pouvait plus être vaincu, il était Roi, mais il ne pouvait en même temps vaincre. Finalement, Thièrrin et Piraès signèrent un pacte à Varlun, le 12 mars 3743 selon la légende, se promettant paix et assistance et décidant avec le peu d'hommes qu'il leur restait (dix mille à eux deux) de sortir des terres pour fonder des royaumes indépendants. Ils conquirent deux terres à l'extérieur fondant les Royaumes de Térèce et de Lycoze.
Les Rois Défenseurs
Julien Ier transmis son Trône à son fils aîné, Julien II, en 3726, prenant le parti de déshériter son second fils, Alquore, avant sa naissance même. Celui-ci ne s'en laissa pas compter et tenta de lever une armée pour récupérer ses droits. Mais il échoua lamentablement étant incapable de convaincre ou même de soudoyer la noblesse du bien-fondé de sa cause. Julien II mourut en 3684 après un long règne sans saveur, au cours duquel il laissa la Térèce et la Lycoze préparer leurs forces à un futur conflit. Ses deux fils, Julien III (3684 – 3680) et Izaleninel II (3680 – 3661) à l'inverse réorganisèrent l'armée belonne, recrutant plus de vingt mille soldats afin de pouvoir faire face à ses deux « pays ». Mais c'est le fils d'Izaleninel II, Hactorel Ier (3661 – 3649) qui eut la charge de mener à bien la défense de son Trône contre les pays traîtres sécessionnistes dans ce que l'on appela la « Guerre des Sept Souverains ».
La « Guerre des Sept Souverains »
La « Guerre des Sept Souverains » est appelée ainsi car elle se déroula selon cette mythologie sous les règnes successifs de pas moins de sept Rois, soit plus de quatre-vingt ans. En 3657, les Rois de Lycoze et de Térèce (respectivement Piraès III et Tolémès II) décidèrent de rentrer au Belondor afin de se le partager et de mettre fin à ce Royaume. Les efforts militaires d'Izaleninel II ayant porté leurs fruits, Hactorel Ier put tenir le choc bien qu'il n'ait à sa disposition que trente mille hommes face aux cinquante mille Lycoziens et Térècs. Le premier affrontement le 11 octobre 3657 selon la légende fut très indécis, dans la fôret de l'Ambois. Par la suite pendant de longues années et ce jusqu'à la mort d'Hactorel Ier la guerre fut un combat de partisans, le Roi ayant décidé de disperser ses forces pour jouer de l'effet de surprise. Cette tactique fut globalement poursuivie par ses successeurs Hactorel II (3649 – 3633), Kalamanine II (3633 – 3624) et Julien IV (3624 – 3601).
Le fils de ce dernier, Cornélien Ier (3601 – 6595), se croyant grand guerrier rassembla ses troupes afin d'obtenir une victoire. Dix mille hommes affrontèrent donc les vingt mille Lycoziens et Térècs. La sanction fut sans appel. Une défaite, honteuse, ne purent s'échapper que deux mille hommes. Nos ennemis pénétrèrent alors dans la capitale de l'époque - une petite bourgade absolument misérable, boueuse, pestilentielle, barbare à vrai dire -, Géliogavine. Alors que Cornélien Ier, réfutant l'inévitable continuait à faire semblant de gouverner un Royaume qui n'était plus. Son fils alors Cornélien II (3595 - 3580) le renversa reprenant à son compte une guerre de partisans qui épuisait au fur et à mesure son ennemie, mais au cours de laquelle il finit pas trouver la mort, atteint d'une flèche. Alors, son fils Hactorel III (3580 – 3550) monta sur le Trône, parvenant lors de l'ultime combat, dite la « Bataille des Trois Rois » en 3575 à mette fin à cette guerre, en utilisant à souhait la cavalerie – chose quasi nouvelle pour l'époque –. Ainsi, se termine l'histoire mythologie des Belons, ce qui explique en même temps la création de trois autres « nations » (pour autant que l'on puisse parler de « nation » à cette époque, puisqu'il existait une cinquantaine de tribus belonnes, et quasi autant chez « nos » ennemis) : la Lycoze, la Térèce et le Dolosas.
Le temps des conflits tribaux (XXXIIIème - XXème siècles)
A partir de ce moment l'histoire étant a priori scientifique, la syntaxe sera mise au présent.
Les premiers écrits faisant référence à des évènements historiques au Belondor (que ce soit chez les Belons, les Lycoziens, les Térècs ou les Dolosaires) sont datés entre 3300 et 3200. C'est à cette époque qu'apparaissent les premières agglomérations permanentes fortifiées. Vers le début des années 2900, la métallurgie du fer se répand (prouvant ainsi que l'histoire mythologique est largement fictive et apocryphe). Une nouvelle aristocratie guerrière se constitue grâce à l'apparition des épées de fer et au combat à cheval. Elle bouleverse l'organisation sociale des Belons jusque là agraire et égalitaire. Ces « princes et princesses des Belons » se font enterrer avec armes et chariots d'apparat. Leurs tombes ont également révélé la présence de luxueux objets produit seulement chez leur voisins (particulièrement au Dolosas), ce qui atteste la dimension commerciale de la richesse de ces aristocrates.
Vers la période de 2700 se met en place une relative hégémonie de la tribu dite des Pilcyards caractérisé par une forte puissance militaire et une grande richesse de ses chefs. Au même moment l'emprise dolosaire augmente dans le Sud de ce que l'on appelle alors la Belonnie. Elle se manifeste d'abord sur le plan commercial. À plusieurs reprises les Molinios font appel à Veledris (principale ville du Dolosas) pour les défendre contre les menaces des tribus belonnes du nord et les pressions de l'empire pilcyard.
Le sud-est de la Belonnie sont par ailleurs conquis par Veledris juste avant les années 2500 , alors même que cette cité conquiert l'ensemble du Dolosas – c'est pourquoi nombre d'historien parleront de « Royaume du Dolosas » alors que celui-ci n'existe pas, il s'agit en réalité du « Royaume de Veledris » –. La conquête de ces régions s’achève en 2511 après la défaite des Pilcyards et des Sanchonès et l'alliance de Veledris avec le peuple belons de Rémilis. Après la chute de l'hégémonie pilcyarde sous la pression des Veledrains, les grands peuples de Belonnie – Molinos, Elicians, Freconnais et Siloquanes en particulier - connaissent une forte rivalité.
De l'union tribale au Royaume des Belons
En 2471, le Roi Fénélon de Veledris occupe puis met fin à l'indépendance de leurs alliés molinos devant leur refus de verser un nouveau tribut de guerre (alors qu'il l'avait déjà fait trois en cinq ans) pour cause de guerre civile. Les Belons se sentent alors en danger et décident d'une union des tribus fédérées pour prévenir les cas de danger avec un Roi élu par ses pairs chefs de tribus. La fonction royale échoit alors à Antonine Ier (2467 – 2448) qui décide vers le début de son « règne » de construire une ville-forteresse, Ecosient, et d'en faire la capitale de l'union tribale. L'objectif est alors double : faciliter la défense des Belons, notamment de l'élite aristocratique en la regroupant, et pouvoir mieux contrôler les tribus par ce même regroupement en un point de leur chefs. Son fils, Grenel Ier (2448 – 2421) la dote plus tard de ses magnifiques murailles – pour la plupart détruites en 1695 de notre ère par les Gélèbrois – dont on voit encore une partie, aujourd'hui, au nord de la ville. Celles-ci hautes de trente mètres, en forme étoilées, protégées par des douves remplies de pieux paraissent alors imprenables. En 2400, Elbêröhn III (2408 – 2393), construit Elbêröhnit afin de pouvoir protéger le sud-est de la Belonnie et contrôler à la fois les barbares térècs.
Mais bientôt, l'élection royale n'a plus lieu et les Rois le deviennent de père en fils. En 2220, Izaleninel III (2217 - 2200) (il est dit troisième du nom des siècles plus tard par référence aux Rois mythologiques) est ainsi couronné avant même de monter sur le Trône. Les Rois sont alors «Rois des peuples belons ». Et très vite ils outrepassent leurs prérogatives, prélevant l'impôt sur toutes les tribus, formant une armée royale, faisant des « lois ». Les quelques tribus qui se révoltent contre ces abus – les Adovènes, les Suebiones, les Pheldais par exemple – sont immédiatement matées : les Rois ne souffrent plus aucune contestation de leur autorité sur l'ensemble du Royaume des Belons tel que l'on l'appelle désormais. Ils s'emploient d'ailleurs à l'étendre cette autorité jusqu'au XXème avant notre ère.
De l'expansion à la chute du Royaume des Belons (XIXème - XIIème siècles)
Les guerres salamites
En 1954, les Belons, dirigé alors par Siliçel Ier s'allie aux Salamites, une puissante confédération lycozienne du sud de la Lycoze. Le traité délimitait les zones d'influence respective et prévoyait une coopération en cas d'agression extérieure. Mais lorsque les Belons, sous l'impulsion notamment du Roi Antonin II (1835 – 1800), commencent à avoir des visées de conquête de la riche Calampie (région d'une dizaine de milliers de km² entre les Belons et les Lycoziens), Belons et Salamites sont désormais concurrents.
Ils se font trois guerres de 1819 à 1703. La seconde guerre salamite est la plus acharnée : les Belons portent la guerre au cœur du territoire salamite, non sans mal (notamment une série de défaites de 1775 à 1772) tandis que les Salamites s'allient avec les Ostracisiens (un peuple lycozien de l'est) qui continuent leurs incursions en Belonnie centrale et orientale.
Combattant sur plusieurs fronts à partir de 1730, les Belons effectuent des campagnes Lycoze occidentale et en pays salamite. Défaits à la bataille du Sentier en 1711, puis à la bataille d'Antères en 1706, les Salamites capitulent en 1703. Tous leurs alliés sont également battus, l'avance belonne est irrésistible : Ostracisiens et barbares térècs sont soumis. Les Belons domine toute le Belondor central actuel jusqu'à Hams-Berg, et est maintenant en contact direct avec la cité térèque que Cancraces.
Les guerres belonnes
Une dizaines de peuples belons s'opposèrent aux Rois de 1650 à 1630. Las de la suprématie sans partage des Rois et du peuple alambien et de se retrouver en première ligne durant les bataille et au second rang lors de la remise des prises de guerres, nombre de peuples belons se révoltent, soutenus tacitement pas l'immense majorité. Ces révoltes se terminèrent par la victoire royale, la dissolution de la l'union tribale, et l'unification administrative tous ses territoires.
Soumission des Térècs et la Première guerre veledraine
En 1480, Veledris intervient dans les affaires des cités Térècs, notamment Cancraces, menacées par les populations barbares de la Térèce. À Cancraces, donc, la plus puissante des cités térèques, l’aristocratie est favorable aux Veledrains. Le « parti démocrate » fait appel à Grenel IV, Roi des Belons pour faire face aux Veledrains.
En 1477, Pyrria, Roi de Veledris fait avancer ses armées en Térèce. Ses victoires successives contre les Belons – moins bien organisés et moins disciplinés – n'ébranlent pas pour autant ses adversaires, qui finissent par le vaincre en 1469 à la Balneven. Les Belons prennent le contrôle des cités térèques, à l'exception de Cancraces. Ils assiégèrent les peuples barbares de la Térèce pendant de longues années, les traquant, au long d'un conflit très meurtrier et cruel d'une dizaine d'année. En 1457 les barbares térècs sont définitivement matés.
La soumission de Cancraces passe par la prise d'Hams-Berg (en 1458), lors de la « Guerre cancracienne » (1460 - 1451), la destruction de la cité des plaisirs, Polpéia en 1455 et la pacification de la vallée du Disueluve, achevant ainsi la conquête de la Térèce. Désormais, il ne reste que quelques tribus barbares lycoziennes et le Royaume de Veledris (soit le Dolosas) qui ne sont pas passé sous contrôle belon.
L'apogée du Royaume des Belons
Désormais, les Belons vont pendant trois siècles se battre avec les derniers peuples lycoziens indépendants et vont s'appliquer à étouffer les révoltes de peuples térècs, lycoziens et même Belons.
La pire de toute sera la révolte térèque des Mulavètres, peuplade barbare de cent trente mille habitants, qui se soulève en 1286 et qui durant trois ans va tenter d'obtenir des droits et son autonomie à défaut d'indépendance. Le Roi Antonin II (1298 – 1283) se montre assez indulgent en refusant d'étouffer brutalement l'insurrection. Son successeur Antonin III (1283 – 1251) n'aura pas les mêmes scrupules, envoyant une armée de vingt mille hommes avec ordre de faire régner l'ordre et d'engager une répression sans pitié. Les généraux chargés de l'application de ses directives feront preuve de zèle tuant plus de cent cinquante mille Mulavètres, ne laissant ainsi qu'une population de dix mille habitants à la fin de la révolte en 1277.
Peu de temps après ce même Roi soumet la dernière tribu lycozienne – au prix d'un massacre également assez important – (les Almolicains), et l'on peut dire en 1260 que seul le Dolosas, sous l'égide du Royaume de Veledris, reste indépendant à cette époque. Le Royaume des Belons est alors arrivé à son apogée. Son territoire correspond à plus des trois-quart de l'actuel Archiduché de Quentrum, avec une population atteignant onze millions d'habitants (contre seulement deux à trois millions pour le Dolosas), une armée nombreuse de cent mille hommes, lourdement équipée en cavalerie (au moins dix mille hommes). L'impôt est prélevé relativement facilement et régulièrement, les terres sont riches et fertiles, le commerce fructueux, les routes sûres et l'aristocratie généralement loyale et servile envers les Rois.
Le lent déclin et la Deuxième guerre veledraine
La Deuxième guerre veledraine
Ayant vaincu et soumis l'ensemble de ses voisins les Rois belons souhaitent désormais prendre le contrôle du Royaume de Veledris. Là joue énormément la mythologie du Royaume des Belons, comme nous l'avons vu plus haut. Il s'agit de venger l'affront des siècles d'esclavage et de détruire un peuple considéré comme barbare – les Veledrains et les Dolosaires dans leur ensemble ne peuvent comprendre cette haine de fait – alors même que sa brillante situation économique et commerciale et enviée. On souhaite bénéficier de ses terres, de son réseau d'irrigation, constitué de maintes rivières et d'un fleuve (le Disueluve y prend sa source). L'objectif est donc double : souder les Belons autour d'un ennemi commun en jouant sur l'aspect mythologique et prendre possession des terres fertiles du Dolosas.
Ainsi le Roi Sibenine Ier (1204 - 1189) lève au début de son règne une armée immense (deux cents mille soldats), la mieux disciplinée et mieux organisée de toute l'histoire du Royaume des Belons dans l'objectif de soumettre Veledris à sa loi. L'offensive est lancée au début de l'année 1202. Sous sa conduite, les troupes belonnes traversent la frontière. - symbolisée par une chaîne de montagnes, les Olindées - Le Roi a depuis longtemps préparé, par la diplomatie, son passage au nord du Dolosas et réussit à s'y trouver des alliés, de peuples dolosaires peu loyales envers Veledris dont ils n'apprécient guère l'autorité et qui souhaitent s'émanciper afin de rceouvrer leur indépendance. Ainsi, des troupes indigènes se joignent aux troupes belonnes. Ils descendent alors vers le sud du pays et font des ravages, un nombre important de villes en profitant pour sortir du Royaume de Veledris et proclamer leur indépendance et écrasent plusieurs villes veledraines qui leur résistent, ainsi que l'armée du fils du Roi de Veledris en 1201 à Balcium (dix mille morts de chaque côtés sur un total respectif de cent soixante mille pour Sibenine et de cent mille pour Arcontès).
Toutefois, n'ayant pas suffisamment de moyens militaires pour percer les défenses de Veledris sans crainte de voir le reste des armées veledraines lui fondre dessus, Sibenine Ier renonce à entrer dans Veledris. Malgré des défaites répétées et l'effondrement du Royaume qui alors avait unifié l'ensemble des Dolosaires, en raison de la défection de plusieurs cités proclamées indépendantes au profit de Sibenine Ier, d'autant que celui-ci s'allie avec un peuple voisin, le Royaume des Raulmains (nous y reviendrons plus tard), Veledris réussit à aligner deux cent mille hommes hommes en arme au début du XIIème siècle avant notre ère, ce qui constitue un effort de guerre énorme et sans précédant. Alors que Veledris est au plus mal, le Roi Salapon III prend l'initiative avec cent cinquante mille hommes – le reste devant protéger Veledris – d'attaquer les Belons en leur cœur.
Veledris rétablit alors petit à petit sa situation au Dolosas, reprenant une à une les positions belonnes, détruisant les renforts venus de Belonnie avant qu'ils n'arrivent à Sibenine Ier. Un à un, les généraux belons s'effondrent finalement face au génie de Salapon soutenu par des troupes importantes. Sibenine Ier invaincu militairement est alors progressivement asphyxié et cantonné dans une région de l'est du Dolosas, les Raulmains ayant été vaincu en 1194. Le dénouement arrive lorsque des armées veledraines assiègent Ecosient. L'affrontement entre ces deux génies militaires de l'Antiquité, en janvier 1190, Salapon III et Sibenine Ier, tourne à l'avantage de Salapon III qui parvient à retourner les troupes issus de terècs et de lycoziens, combattant ainsi avec cent trente mille hommes contre cent mille. Il est aidé en cela par des troupes plus fournies en cavalerie alors, et ce grâce aux interceptions des renforts, et par des troupes plus aguerries. C'est la première défaite de Sibenine Ier et la fin de sa puissance politique. Le Royaume est sérieusement menacé dans son intégrité, en effet la révolte couve, et pour avoir à éviter de la gérer, Salapon III décide sans obtenir de traité de rapatrier ses troupes au Dolosas afin d'y restaurer l'autorité partout de Veledris. .
La dislocation du Royaume des Belons
La défaite entraîne de fait la perte de la Lycoze, la destruction de l'ensemble de la cavalerie belonne – en partie constituée de térècs, l'impossibilité d'une remilitarisation rapide dépassant trente mille hommes, d'autant que Salapon III a demandé le paiement d'une indemnité de guerre lourde. Abandonné de tous, constamment contesté et ne pouvant plus faire face à l'étendue et au nombre de révoltes Sibenine Ier abdique avant de se suicider quelques jours plus tard.
Rapidement après l'abdication, Hannibade II (1189 - 1184), le frère de Sibenine est appelé par les aristocrates alambiens pour pallier cette situation difficile. Mais il est trop tard, alors que la majorité des peuples encore fidèles au Royaume des Belons espéraient que cette catastrophe mettrait fin à la domination des Alambiens et porterait au pouvoir un autre peuple leurs espoirs sont déçus. Les Alambiens n'entendent pas lâcher le pouvoir. Ainsi, ce n'est pas huit peuples qui seront en révolte, mais vingt-trois avant la fin de l'année 1189, sachant que, dès 1186, les Térècs sont abandonnés et de fait indépendants – comme auparavant la Lycoze –. Dès lors la situation semble perdu... Très rapidement Hannibade II est renversé après une défaite. Lui succède un aristocrate inconnu et totalement incompétent du nom d'Antilbé (1184 – 1181) qui achève de précipiter la mort du Royaume des Belons. Une nouvelle défaite provoque sa chute, et son exécution, tandis que s'installe un conseil de gouvernement lui-même renversé un mois plus tard par une république.
De la République des Belons et la fin de l'unité (1181 – 1172)
La République installée se voulait fédérative et basée sur le consentement des tribus, gouvernée par un système d'assemblée dirigeante. Elle agit donc comme régénératrice de l'union tribale. Mais les peuples Belons, entre ceux qui refusent désormais toute sujétion et ceux attachés à un principe monarchique, ne sont plus qu'une quinzaine à reconnaître l'autorité centrale et Elbêröhnit elle-même, cœur du peuple des Alambiens se rebelle contre la République. Finalement une guerre s'engage, longue, difficile et cruelle. Le Général Halimacand, commandant des troupes républicaines, fait de nombreux exploits avec seulement dix à quinze mille hommes grand maximum à chaque fois face aux différents peuples, sans compter les incursions lycoziennes et térèques. Il remporte même une victoire immense face aux troupes elbêröhnitoises pourtant trois fois plus nombreuses. Mais l'assemblée, corrompue, engluée dans des luttes partisanes, par peur qu'il ne parvienne à s'imposer comme le chef de la nouvelle République refuse de lui donner les pleins pouvoirs qui lui permettrait de remettre de l'ordre. Finalement, après une nouvelle victoire en 1173 qui laisse possible la conquête d'Elbêröhnit, il est empoisonné sur ordre de membres de l'assemblée : l'unique chance de victoire de la République s'est donc envolée du fait des luttes de pouvoir. Ainsi est révélée la vraie nature du régime parlementaire : plutôt l'idéologie, plutôt le « parti » que la sauvegarde et l'unité de la Nation, plutôt les petits et insignifiants intérêts personnels que les intérêts supérieurs de la Nation. Désormais sans général d'envergure la République est perdue... et elle est vaincue en 1172, l'unité de la Belonnie étant donc terminée à ce moment.
Des cités à l'Empire maxeninien (XIème - VIIIème siècles)
De l'anarchie au retour d'Ecosient et d'Elbêröhnit
L'Ère monarchique
Les cités belonnes, au XIIème siècle, sont originellement des monarchies, gouvernées donc, selon la coutume par un monarque, le Roi souvent assisté par le « Conseil des Anciens ». Quoique pour beaucoup d'entre elles, très petites, le terme de « Roi » semble quelque peu disproportionné. En fait, les cités sont de petits États indépendants (les cités–États : une cinquantaine environ), abritant quelques milliers d’habitants, les citoyens qui forment le peuple. Elles sont composées très simplement d'une ville, plus ou moins fortifiée, et de sa campagne environnante : elles sont donc généralement les héritières des tribus.
L'Ère aristocratique et tyrannique
Dans un pays où les terres cultivables donnent la puissance, le pouvoir appartient de fait à une petite poignée de propriétaires terriens, qui forment une classe guerrière aristocratique (ou oligarchique) se lançant fréquemment dans de petites guerres inter-cités, faisant et défaisant rapidement les monarchies en place.
Mais vers cette époque l'ascension d'une classe marchande (qu'illustre l'introduction de la monnaie vers 1080 engendre une nouvelle sorte de conflits entre les grandes cités. Passé 1050, l'aristocratie doit combattre pour n'être pas renversée et remplacée par des chefs populistes appelés « tyrans ». À remarquer que ce terme de « tyran », n'a pas nécessairement le sens moderne de dictateur despotique gouvernant sans contrôle et abusant de ses pouvoirs illimités, mais désignait le plus souvent simplement le chef de la cité.
Au IXème siècle plusieurs cités émergentes dominent le monde belon : Ecosient, Izaleninelit (construite par Izaleninel IV), Antarès et Elbêröhnit. Chacune d'elles soumet les campagnes et les petites villes avoisinantes à son contrôle. Alors qu'Ecosient et Antarès deviennent de grandes puissances marchandes autant que maritimes ; Ecosient et Elbêröhnit entament une rivalité qui dominera l'Histoire belonne durant des générations.
À Ecosient, l'aristocratie foncière maintient son pouvoir que la Constitution de Lanchion (vers 1050) ne fera que renforcer en donnant à la cité un régime militaire permanent sous forme d'une monarchie bicéphale. Ecosient domine les autres cités de la Mer de l'Ouest, sans aucune exception.
L'éveil de la démocratie
À Elbêröhnit, au contraire, la monarchie fut abolie en 1003, et Selinine par ses réformes y établit un système modéré de gouvernement, considéré comme l'ancêtre de la démocratie. Ces systèmes de gouvernement assez aristocratique dans l'ensemble donnent cependant à la cité une grande puissance militaire et commerciale. Clitoyel établit la première véritable démocratie en 900, avec un pouvoir tenu par une assemblée de citoyens masculins. Comme garant de cette démocratie, il établit les premiers votes (assez simplistes à l'aide de pierres peintes en rouge pour dire non et de pierres bleues pour dire oui). Mais l'on doit encore se souvenir que seule une minorité d'habitants masculins étaient citoyens, à l'exclusion des esclaves, des femmes, des étrangers bien logiquement et des non habitants de la cité (les paysans).
La Guerre du Rolènné (831 – 804)
En 831 la guerre éclate entre Ecosient et Elbêröhnit, soutenues par leurs alliés respectifs. Trois causes principales sont avancées par les historiens antiques. Avant la guerre, Elbêröhnit s'était mêlée à un différend entre Izaleninelit et l'une de ses colonies, Corfodel. Peu après, Izaleninelit et Elbêröhnit s'étaient disputées le contrôle de Massamée, ce qui avait débouché sur son siège par Elbêröhnit. Elbêröhnit est accusée par les membres du Pacte du Rolènné de violer la paix générale qui règne depuis des siècles du fait de ses actions, et Ecosient lui déclare la guerre.
De nombreux historiens considèrent que ce n'étaient que des prétextes, la cause véritable de la guerre étant le ressentiment grandissant d'Ecosient et de ses alliés face à la domination elbêröhnitoise sur les affaires belonnes. La guerre dure vingt-sept ans ans, notamment parce que l'affrontement entre la puissance navale d'Ecosient et la puissance militaire terrestre de d'Elbêröhnit était difficile.
La stratégie initiale d'Ecosient est d'envahir les alliés d'Elbêröhnit, en passant non par la voie terrestre mais en armant un nombre impressionnant de navires (certains iront jusqu'à parler d'un millier) qui remonteront la Grulée depuis son estuaire jusqu'à Elbêröhnit. Mais les Elbêröhnitois parviennent à se replier derrière leurs murs. Chantelade, le princiapl chef militaire des Elbêröhnitois périt d'une épidémie de peste qui décime la cité durant le siège. Au même moment, les troupes elbêröhnitoises qui attaquent en plein Rolènné par la voie terrestre vainquent à la Notéline en 829 et à la Bataille de Phimenos en 825. Mais aucun camp n'obtient de victoire décisive, et après quelques années l'elbêröhnitois modéré Nanciès conclut une paix en 821.
En 818 cependant, l'hostilité entre Ecosient et Vogiel, alliée d'Elbêröhnit, conduit à la reprise des combats. À la Bataille de Mélonimine en 818 Ecosient défait les armées d'Elbêröhnit et de ses alliées. La reprise des hostilités ramène le parti belliciste, mené par Télémérand, au pouvoir à Elbêröhnit. En 815 Télémérand persuade l'assemblée elbêröhnitoise de lancer une expédition capitale contre Majeston, alliée lycozienne du Pacte du Rolènné. Bien que Nanciès se déclare sceptique sur cette expédition lycozienne, il en est nommé chef avec Télémérand. Suite à des accusations de sacrilège, Télémérand s'enfuit à Ecosient où il persuade les Ecosientais d'envoyer de l'aide aux Majestonais. De ce fait, l'expédition tourne au désastre, et le corps expéditionnaire au complet est perdu. Nanciès, pris, est exécuté.
Ecosient a enfin construit une armée terrestre capable de rivaliser avec la suprématie militaire elbêröhnitoise, et trouvé en Maximiel un brillant chef militaire, qui occupera l'ensemble des passages stratégiques pour l'approvisionnement en blé d'Elbêröhnit. Menacée de famine, Elbêröhnit envoie ses dernières forces contre Maximiel, qui les défait définitivement à La Roche-Daton en 805. Sa flotte inutilisable, son armée détruire, Elbêröhnit est au bord de la banqueroute. En 804, Elbêröhnit demande la paix, et Ecosient en décide l'occupation pure et simple, le « parti anti-démocratique » prenant le pouvoir... prélude à l'annexion en 790 (après de nombreux massacres).
L'expansion ecosientaise et la crise morale
La conquête de la Belonnie
Une fois vaincu Elbêröhnit, Ecosient impose sa prédominance aux autres cités. À partir de 794 commence un affrontement contre Izaleninelit qu'il convient désormais de mettre au pas comme son ancienne protectrice, Elbêröhnit. Izaleninelit reste une puissance d'envergure, notamment au niveau commercial, et la proie est tentante pour les Ecosientais. Ecosient rentre donc en guerre et après une rapide victoire s'étend, raflant ce qu'il reste des terres agricoles d'Izaleninelit. Cette expansion, doublée de l'annexion d'Elbêröhnit, inquiète les autres cités, notamment les anciens alliés d'Elbêröhnit qui font renaître les hostilités en 789. Mais Ecosient est dirigée par un homme politique et militaire de génie (le fils de Maximiel) : Maximiel-Maxenine. Celui-ci vainc facilement les troupes des anciens alliés d'Elbêröhnit qui, en 785, sont vaincus et annexés.
Quelques années plus tard, Ecosient se lance (plus par les circonstances que par un plan défini) à la conquête de ses anciens alliés, Antarès notamment. Vers 780, la guerre contre le Roi de Veledris Etolnon IV, dont l’expansion menace Antarès. Le conflit dure trois ans et voit la victoire finale d'Ecosient annonçant par là le déclin du Royaume de Veledris. En 774, Elbêröhnit se révolte, parvient à s'extraire à l'occupant à et à mettre sur pied une petite armée. Mais très vite, elle est surpassée par le nombre. Elle doit alors s'incliner lors de la Bataille du Bois-au-Lac en 772. Les quelques centaines de survivants sont alors crucifiés pour l'exemple par le Général Antonel (fils de Maximiel-Maxenine). Quant à ses anciens alliés, le même général décide dans la foulée de les annexer, entraînant une révolte de quelques mois, vite réprimée dans le sang. A ce moment c'est ni plus ni moins que l'ensemble de la Belonnie qui appartient aux Ecosientais, d'autant que le dernier peuple indépendant – les Orthonèses – est vaincu en 768.
La question agraire et la guerre civile
La question agraire
La guerre profite surtout aux riches. Les rangs des citoyens petits propriétaires se sont éclaircis, surtout pendant la guerre contre Elbêröhnit. Il y a donc moins d'agriculteurs. Les campagnes se couvrent de vastes pâturages. Le blé importé du Dolosas concurrence celui des petits producteurs qui, ruinés, vendent leurs terres à bas prix aux grands propriétaires et s'en vont Ecosient rejoindre la « populace » urbaine. Les grandes familles se constituent ainsi d'immenses domaines, les où sont installés des masses paysans non propriétaires, et de nombreux esclaves. Elles forment la noblesse qui accapare les postes à responsabilités et remplit le « Conseil des Sages » (nom local du Conseil des Anciens qui a été préservé malgré le régime militaire). À côté de cette noblesse foncière, apparaît une nouvelle classe d'hommes d'affaires qui s'enrichissent dans le commerce, la banque et le crédit. Leur richesse leur permet de tenir une place importante dans l'ordre des nobles. La noblesse foncière et financière s'entendent pour exploiter l'empire naissant qui a été divisé en provinces. Hommes d'affaires et fonctionnaires issus de la noblesse s'enrichissent en les pillant souvent de manière systématique.
En ville par contre, le chômage s'accroit, la main-d’œuvre salariée étant concurrencée par la masse des esclaves (jusqu'à deux cent mille en 780 !) apportées par les conquêtes. Ecosient devient une ville bigarrée rassemblant, à côté des citoyens, des Belons de tout l'empire, des esclaves, des des affranchis de tous horizons. Cette foule entretient une agitation constante dans la cité. À partir de 773, les tensions se multiplient entre les riches et les pauvres, d'autant plus que le luxe le plus tapageur a fait son apparition. Pourtant une tentative de réforme se dessine avec Antonel. Il pense qu'une réforme agraire est nécessaire pour résoudre le problème de la « populace ». Bien qu'en opposition avec son alter ego Andropel, il dépose une loi limitant l'occupation du domaine public à 125 hectares par personne. Les occupations illégales des terres par la noblesse sont déclarées nulles. Une commission composée exclusivement de membres de sa famille est chargée de repartir les terres entre les citoyens les plus pauvres. La noblesse mécontente suscite des émeutes. Il est finalement massacré en 772, alors même qu'il rentre d'une campagne qui vient de soumettre Elbêröhnit et s'attend à être reçu en héros. Deux ans plus tard, son frère Craccuel-Maxenine reprend le flambeau. Il est nommé co-Prince et agit comme un véritable « dictateur » ne consultant même plus Andropel sur les nominations des généraux ou gouverneurs de province. Il décide de fonder des colonies avec des lots de terre pour les citoyens pauvres et fait distribuer du blé à bas prix pour eux. Lui aussi périt assassiné en 769. Toutes ses réformes sont abandonnées. Seuls les plus riches des paysans conservent leurs avantages.
Les guerres civiles
Après les « Frères du Peuple », vient le temps des ambitieux qui luttent pour le pouvoir. Ils sont toujours de la même famille (celle des Monéplonin) mais d'une autre branche, les descendants du frère de Maximiel. Grâce à la réforme militaire opérée en 767 et à ses victoires contre les Orthonèses et les barbares térècs qu'il repousse, Marienon domine la vie politique, se fait nommer Prince dès la même année, associant les chefs du « parti populaire » à son pouvoir. Mais des troubles éclatent en 766 Marienon utilise ses troupes contre ses anciens alliés. Il doit cependant quitter le pouvoir. En 764, commence la « Guerre sociale ». Les Belons se révoltent pour réclamer les mêmes droits que les Ecosientais ou bien leur indépendance. En effet ceux-ci bien que faisant partie depuis longtemps de l' « Empire ecosientais », ils n'ont pour la plupart pas acquis le statut de citoyens et sont toujours considérés comme des sujets. Pour mettre fin à la révolte, Ecosient accorde à tous les Belons la citoyenneté. À Ecosient même, les émeutes se succèdent à chaque renversement puis élection des Princes. La « Constitution de Lanchion » ne fonctionne plus normalement. Les nobles fonciers et financiers s'affrontent pour l'exploitation des provinces.
En 761, Lenon Octeviel Sylenine est élu Prince. Il prépare une campagne militaire contre Hactorel Ier, Roi du tout nouveau Royaume de Lycoze, quand un plébiscite lui retire son commandement au profit de Marienon. Il marche alors sur Ecosient avec ses troupes, prend le pouvoir par la force et fait tuer tous ses adversaires. Il part ensuite faire la guerre. Marienon en profite pour revenir au pouvoir par la force. Il annule toutes les mesures prises par Sylenine, mais meurt assez vite. Ses partisans gardent le pouvoir et affrontent Sylenine revenu victorieux du Nord en 759. Grâce à sa victoire à la Bataille de Port-Bleu, celui-ci s'ouvre les portes d'Ecosient. Il se montre alors impitoyable, faisant massacrer les prisonniers, pourchassant ses opposants. Il fait publier dans les rues de la ville la liste de tous les proscrits. Sylenine opère ensuite des réformes politiques. Il supprime le Conseil des Sages. Il crée le poste de « Grand-Prince » par dessus les deux Princes. Il impose que les provinces soient administrées par des vice-Princes, c’est-à-dire des fonctionnaires nommés directement par le Grand-Prince. Il réorganise la justice en publiant les « lois de civilité » qui précisent les délits et les crimes. Les Ecosientais voient en Sylenine le héros providentiel doté par les dieux d'une chance quasi surnaturelle. Mais alors que son pouvoir semblait fait pour durer, il se retire sans explication de la vie politique en 759 et meurt l'année suivante.
Le Triumvirat et la prise du pouvoir par Alexanine
Mais rapidement de nouvelles révoltes entrainent de nouvelles expéditions militaires favorisant ainsi l'émergence de nouveaux généraux vainqueurs qui se disputent le pouvoir. A Elbêröhnit, un ancien partisan de Marienon, Pentagonel Sévérès, organise un gouvernement indépendant en 757. À partir de 754, Ecosient doit faire face à une révolte d'esclaves (vite mâtée certes). Hactorel II de Lycoze reprend la guerre contre Ecosient. Enfin les brigands gênent les relations commerciales entre les provinces et la capitale et les pirates entre Ecosient et la civilisation ardanienne (récemment découverte).
Pour faire face à toutes ses difficultés le Conseil des Sages (qui s'est reformé de son propre chef au départ de Sylenine) nomme Andemienin à la tête d'une armée qui bat Sévérès. Pendant ce temps Antonine (de la famille des Monéplonin) réussit à bloquer les esclaves et met fin à la révolte. Les esclaves révoltés sont durement châtiés et sont crucifiés comme les Elbêröhnitois en 772. Forts de leur succès, Andemienin et Antonine briguent le principat qu'ils obtiennent conjointement en 752. Andémienin, muni des pleins pouvoirs, réduit les brigands, les pirates et rétablit la sécurité de la navigation en Mer de l'Ouest. Il part ensuite en Lycoze lutter contre Hactorel II. Il y multiplie les victoires jusqu’à la mort de ce dernier. Puis il fait la conquête de la Calampie en 751 et 750. Il rentre alors à Ecosient tout auréolé de gloire et emmenant avec lui un riche butin. Il s'allie alors à Antonine et à Alexanine en pleine ascension politique. Les trois hommes se partagent le pouvoir et forment le « Triumvirat ».
Alexanine obtient le principat pour 749, il est prévu que Andemienin et Antonine lui succèdent comme Princes en 747. Alexanine obtient à la fin de sa magistrature d'être nommé de la Calampie et des provinces frontalières avec la Lycoze. Il obtient aussi le commandement de deux armées de vingt mille hommes et dix mille hommes.
De 747 à 741, il fait la conquête de la Lycoze indépendante, s'attirant ainsi prestige et richesse. Après la défaite d'Hactorel III à Elosion, Alexanine use de la répression et de la clémence pour pacifier la Lycoze. Il octroie la citoyenneté aux aristocrates prêts à le servir. Il emploie les Lycoziens ralliés comme troupes auxiliaires. Il peut alors se consacrer à son ambition suprême, la conquête du pouvoir à Ecosient. Il sait qu'il peut compter sur la loyauté de ses armées (au nombre de cinq désormais pour plus de cent mille hommes !) et de soutiens politiques à Ecosient.
Pendant ce temps, Antonine trouve la mort contre les Panteliens – des barbares térècs – à Callaisson en 744, Andemienin profite alors de l'absence de Alexanine pour être nommé Prince unique par le Conseil des Sages en 742 et mettre fin à l'incessante agitation politique qui secoue la ville. Fin 741, début 740 la noblesse ecosientaise confie à Andemienin la mission de protéger la Belonnie occidentale et centrale. Il dispose pour cela de neuf armées (soit deux cents mille hommes) et de l'appui du Conseil des Sages. Alexanine qui a le soutien de la « populace » déclenche alors la guerre civile en prenant l'initiative d'attaquer Andemienin avec son armée en 740. Il marche alors sur Ecosient, et Andemienin s'enfuit. Alexanine fort de troupes aguerries par sept ans de combat en Lycoze fait la conquête de la Belonnie occidentale puis bat une armée d'Andemienin en Belonnie centrale. Andemienin s'enfuit alors au Dolosas mais il est assassiné par le jeune souverain Salapon XIV soucieux de s'attirer les bonnes grâces du nouvel homme fort d'Ecosient. Alexanine reste le seul maitre d'Ecosient après quatre ans de guerre, en 736.
Il organise une monarchie qui ne dit pas son nom. Il est nommé par le Conseil des Sages dictateur pour dix ans puis dictateur à vie en 733. Il est "élu" Grand-Prince tous les ans. Il est aussi chef suprême des armées. Il détient aussi l'inviolabilité. Il réorganise le Conseil des Sages en l'ouvrant à des familles non-ecosientaises, belonnes ou même lycoziennes. Il pratique une politique favorable aux pauvres : remise des dettes, lotissement des vétérans, grands travaux pour embellir Ecosient. Il meurt assassiné des mains de membres du Conseil des Sages, effrayés par la possible perte de leur influence, corrompus et ne servant que leurs intérêts, en 730.
Maxenine le Grand
La conquête du pouvoir
À la mort d'Alaxenine, son fils unique, Maxenine et son lieutenant Gallien-Antonel s'entendent pour se partager le pouvoir. Ils forment le « Grand Principat », tous deux ayant le titre de Grand-Prince. Leur premier objectif est de venger la mort de leur mentor. Les deux-tiers des sages sont tués en 729 lors du « Massacre de Mediodine » à Elbêröhnit leur lieu de refuge. Puis les deux hommes se partagent le monde belon : à Maxenine l'Occident et à Gallien-Antonel l'Orient. Ce dernier se rend au Dolosas où il s'allie avec les Térècs et épouse la Reine de Cancraces, Erotica. Pendant ce temps à Ecosient, Maxenine s'assure de l'appui du Conseil des Sages (renouvelé donc au deux-tiers).
Les deux hommes se retrouvent donc face à face. Le conflit est inévitable. En 721, Maxenine prend soin de faire prêter un serment de fidélité à tous les citoyens ecosientais de Belonnie et aux aristocrates vassaux, et il déclare la guerre à Cancraces. Gallien-Antonel allié à Erotica est vaincu en 720 à Doriépine. Maxenine poursuit alors méthodiquement la conquête de l'Orient, jusqu'en août 718, lorsque Gallien-Antonel et Erotica sont capturés et exécutés. Maxenine reste le seul maître d'Ecosient. De plus, l'opinion publique est lasse des désordres et des guerres civiles, elle réclame un régime stable, fût-il autoritaire, mais qui permettra de retrouver l'ordre, la paix sociale et sauvera la patrie. De retour dans la cité, Maxenine inaugure une ère nouvelle qui ne se terminera qu'avec la chute d'Ecosient quelques huit siècles plus tard... mais nous n'en sommes pas encore là.
La « Grande Conquête »
Maxenine, est en 718, l'unique maître d'Ecosient et de son « empire ». Il est nommé Grand-Prince à vie en 717 et peut procéder à toutes les nominations, décisions qu'il souhaite, chacune ayant valeur de lois. Pour définitivement établir sa légitimité et afin de réaliser le vieux rêve des Belons, il entreprend de réorganiser l'armée. Portée à trois cents mille hommes, elle est divisée en six « unités militaires » avec à leurs têtes un Général en chef, secondé de cinq généraux en second qui commandent eux-même dix mille hommes (les « divisions militaires »), eux-même secondés de dix majors qui dirigent chacun mille hommes (les « séparations militaires »). Par ailleurs, il met sur pied une cavalerie nombreuse (près de cinquante mille hommes) et les premières machines de guerre.
Celui que l'on appelle déjà Maxenine le Grand, après avoir réorganisé l'armée entend désormais l'utiliser. Il y a deux attaques possibles : la Térèce, dominée par Cancraces dont le nouveau Roi Etolnine n'entend pas répéter les erreurs d'Erotica ; le Dolosas dominé par Veledris en déclin. Ayant fait de son armée la machine de guerre la plus impressionnante de son temps, il veut l'aguerrir au combat avant de la lancer à la conquête du Dolosas. Son choix se porte donc sur la Térèce qu'il envahit en 713. La principale difficulté revient à prendre Hams-Berg considérablement renforcé par Etolnine depuis la mort d'Erotica. Commence un siège très long qui mobilise un tiers des troupes ecosientaises, tandis que Maxenine rentre à Cancraces qu'il décide d'épargner (la ville tombe rapidement, Etolnine l'ayant abandonné pour Hams-Berg). Finalement, ayant réussi à contrôler l'ensemble de la Térèce dès le début de 712, il lance le reste de ses troupes sur Hams-Berg. Après une résistance de six mois, celle-ci finit par plier avant la fin de l'été 712. Maxenine le Grand n'a alors pas la même clémence envers cette cité-forteresse. Il laisse ses troupes la piller, violant femmes et enfants, tuant cruellement les hommes, torturant les prêtres térècs. Il rentre alors à Ecosient à la fin de l'année afin de se faire acclamer, de laisser reposer ses hommes et de reconstituer ses pertes (estimées à quarante mille).
Il n'en a pas le temps... une révolte éclate en Lycoze, dans le massif des Valanques. Il y délègue au départ une unité militaire, mais celle-ci agressée de toutes part par des partisans ne parvient pas à résorber l'insurrection. Pire, par les exactions de ses troupes, Maxenine est en train de mettre à mal le ralliement des Lycoziens qui jusqu'à présent étaient fidèles. Il décide alors de prendre lui-même la tête de l'armée, allant dans les Valanques avec deux unités qui sont soumises à une discipline stricte. Finalement en 710 la révolte paraît mâtée. Il peut alors revenir à Ecosient après avoir laissé deux unités en Lycoze et deux divisions en Térèce pour prévenir toute révolte.
C'est alors qu'en 709, il entreprend la conquête du Royaume de Veledris avec presque deux cent mille hommes contre les cent mille veledrains. Une première bataille sérieuse, entre Maxenine et Céranon VII le Roi de Veledris, a lieu au pied de Veledris à la fin de l'année, qui voit une victoire impressionnante de Maxenine alors qu'il lui manque un tiers de ses troupes (parties en chasse de l'armée de Céranon VII qui finalement lui échappe). S'il perd six mille hommes environ, son adversaire en perd le quadruple. Dès lors, l'armée de Céranon VII, réduite à peau de chagrin (environ quarante mille hommes) va se contenter de fuir le combat, tentant de minimiser ses pertes lorsque celui-ci a lieu. Cette tactique qui exaspère au plus haut point Maxenine le Grand porte ses fruits puisqu'elle donne le temps à Céranon VII de demander l'aide du Roi des Raulmains, lesquels envoient trois légions (soit dix-huit mille hommes) pour l'aider. Mais l'espoir reste de courte durée celles-ci étant annihilées à la Bataille de Plannes en automne 706 (défaite qui d'ailleurs provoque la chute de la monarchie à Raulme). Partant, Céranon VII, finit par être vaincu définitivement lors de la Bataille du Bois d'Aube au début 705 ; Veledris tombe deux mois plus tard en avril, subissant le même funeste sort qu'Hams-Berg. Maxenine le Grand a vaincu, il a soumis les quatre peuples de l'actuel Belondor qui pour la première fois sont « unis » sous un même gouvernement. Alors qu'il décide avant de repartir pour Ecosient de disposer une unité dans chaque pays conquis, il décide l'annexion de Veledris à Ecosient. Il lui reste désormais à pérenniser son œuvre par un « couronnement » à sa mesure. Ecosient rentre dans une nouvelle ère.
L'Empire ecosientais : de la « Grande Paix » à la chute (VIIIème siècle avant notre ère – Ier siècle de notre ère)
Le Premier des Empereurs (703 - 680)
En 705, après la conqupete du Dolosas, Maxenine, est le maître incontesté d'Ecosient et de ses territoires. Avec le soutien de l'armée de ralliés de tous horizons, il concentre entre ses mains un immense pouvoir basé sur le cumul des anciennes magistratures de la cité et le Grand-Principat. De 705 à 703, il prépare la stabilisation du régime nouveau dont il est le fondateur : la république impériale.
Lors de la séance du Conseil des Sages de janvier 703, le « gouvernement aristocratique », est en apparence restaurée par ses soins et rendu au Conseil des Sages, et au peuple par la même occasion qui obtient le droit d'élire un tiers des membres du Conseil des Sages, qui s'appelle désormais la « Diète ». En fait, la Diète ne conserve que l'administration de quelques provinces sans aucune divisions militaires. Maxenine, qui reçoit le 1er octobre 703 le titre d' « Empereur », garde ses immenses pouvoirs et se voit confier l'administration d'Ecosient et des provinces frontières, et donc le commandement des armées. En 699, il est fait « Empereur à vie et héréditaire » : la monarchie est restaurée sans en dire le nom, car c'est bien au nom de la « République impériale d'Ecosient » qu'il dirige. En 690, il reçoit le titre de « Père de la Patrie », qui place sous sa protection l'ensemble des peuples sous domination ecosientaise. De plus en plus, on ne parle plus que de l' « Empire » et on oublie le mot république.
Maxenine le Grand (son nom officiel lorsqu'il devient Empereur) intervient dans toutes les nominations qui relève logiquement de la Diète, grâce à un droit de recommandation qui est systématiquement suivi. Il peut faire entrer au Conseil des Sages qui il veut et nommer à tous les échelons des fonctionnaires qui sont ses gouverneurs et généraux. Il dirige la diplomatie et la politique extérieure. Enfin, l'Empereur dispose de moyens financiers considérables, grâce à sa fortune personnelle, héritée en partie d'Alaxenine, aux revenus du Dolosas, son domaine privé, et à certains impôts qui alimentent les caisses impériales mais comme il dépense beaucoup pour l'administration, les guerres, l'entretien de plus de cinq cents mille citoyens pauvres, le budget de l'Empire connait des difficultés à la fin de son règne. Maxenine, qui a vécu trop longtemps, perd successivement tous ses héritiers directs. Il associe donc à l'Empire son petit-neveu, Contanel, qui lui succède sans difficulté, à sa mort le 7 novembre 680.
Maxenine le Grand rassemble autour de lui un personnel d'hommes nouveaux : des fonctionnaires, des militaires, des notables des villes belonnes et des sages ralliés dans l'espoir d'obtenir des postes importants. Il mène une politique très conservatrice hostile aux esclaves et aux affranchissements, favorable à l'ordre moral et à la famille. Il promulgue des lois contre le célibat et les « mauvaises » mœurs. Les classes supérieures sont réorganisées afin de mieux pouvoir servir l' « État ». C'est surtout l'ordre aristocratique qui forme la pépinière des grands serviteurs de l'empire.
Maxenine le Grand achève la pacification des pays de Valanques en Lycoze. L'Empire s'étend jusqu'en Eslagne. La longue guerre maritime contre les Ardaniens conduit l'Empire à disposer de la plus formidable flotte de son temps et à définitivement isoler les Ardaniens dans leur île. Il tente alors la conquête de l'Eslagne, en 688, qui conduisent ses troupes jusqu'au Bélière (fleuve frontière entre l'Eslagne et ce qu'on appelle alors la Galabrie, la future Gélèbre). Mais en 685, le chef eslagnais Amandacre se soulève. Trois divisions dirigées par le Général Véronel sont anéanties dans la forêt de Téantalis. L'Eslagne est finalement abandonnée par Contanel en 674. Deux secteurs situés autour d'une ville appelée Minelit sont alors élévés en province sous le nom d'Elagne.
Les mécanismes impériaux et leur évolution au long des siècles
Le pouvoir impérial : la « Constitution Seltimion »
La définition du pouvoir impérial est attribué au neuvième Empereur, Seltimion (581 – 555), qui le théorise au sein d'un ouvrage La Puissance du Gouvernement (écrit aux environs de 570). Remarquant que pendant toute la durée de l'Empire ecosientais, la victoire est un puissant facteur d'affermissement du pouvoir. L'Empereur vaincu se voit facilement contester le pouvoir immense qu'il détient par la Diète, voire même des généraux ambitieux. Dès lors, il incite ses successeurs à ne par oublier qu'ils sont en république et à se faire élire à leur poste pour montrer la continuité entre les institutions républicaines et l'Empire. Néanmoins, le pouvoir de commander, notamment aux armées ne saurait leur être contesté. Ils ont aussi le pouvoir de gouverner toutes les provinces. En tant que détenteur de la puissance impériale, ils possèdent le veto, c'est-à-dire le droit de s'opposer à n'importe quelle décision des magistrats de l'empire. Comme Alaxenine, ils portent le titre de « Grand-Prêtre » qui fait d'eux les chefs de la religion romaine. Les habitants de l'Empire doivent leur prêter serment de fidélité. En fait, cette manière de gouverner pose les fondements jalons de ce que l'on appellera plus tard le « césarisme » que pratiquera l'Empire latrin, et qui donnera de nos jours le « césarisme démocratique » comme peut l'être la Démocratie Impériale.
Le pouvoir de l'Empereur est absolu, complet et illimité, sans partage et sans avoir à rendre des comptes. L’Empereur est puissance absolue et complète d’un officier sur le champ de bataille. Il a droit de vie et de mort sur ses hommes. Cette puissance qui était divisée entre plusieurs chefs ou aristocrates auparavant, est avec l'Empire dans les mains d'un seul homme. L'Empereur décide de la paix et de la guerre, lève les impôts et est le maître des dépenses publiques. En sa qualité de Grand-Prêtre, il est le maître des cultes publics et du droit religieux. Aucun autre pouvoir ne limite le sien. Chaque nouvel Empereur a un rôle aussi indéterminé qu’immense.
L’Empereur peut légiférer directement par un décret ou un simple rescrit qui a la même force qu’une loi votée par la Diète, car tout ce que le prince décide est légal. Il ne consulte la Diète qu’à sa propre convenance et en obtient ce qu’il veut.
L'Apothéose impériale
A la mort du premier Empereur, celui-ci est porté à l' « Apothéose ». Il s'agit d'honorer la mémoire du défunt et très grand Empereur. A sa mort, sur convocation uniquement de l'Empereur, la Diète se réunit en assemblée sous la présidence de l'Empereur pour délibérer afin de savoir si le défunt mérite ou non d'être porté à l'Apothéose. Une sorte de débat s'instaure, qui se termine par un vote consultatif, dont peut ou ne pas tenir compte l'Empereur : c'est lui qui décide de porter un Empereur à l'Apothéose.
Par la suite, s'il est décidé de porter à l'Apothéose l'Empereur défunt, il est organisé des fêtes, des cérémonies militaires, pendant un mois... Dès lors, le tombeau de l'Empereur (généralement mis en la crypte du Temple d'Orégalon – le Dieu des dieux – aujourd'hui, la Cathédrale Saint-Sixte-de-Grande-Puissance), est ouvert et on le transfert au Panthéon. L'on y vient alors en pèlerinage chaque anniversaire de sa mort, qui devient jour férié, comme l'anniversaire de sa mort et de son couronnement.
De nos jours, la coutume de l'Apothéose a été remise au goût du jour et réadapté par le premier Empereur du Belondor, Antonine Ier, pour ses successeurs (n'ayant lui aucun prédécesseur à porter à l'Apothéose) : les chambres de l'Empire doivent se réunir au Palais Impérial pour débattre et conseiller l'Empereur sur la décision à prendre, qui lui revient. S'il décide de le porter à l'Apothéose, il le fait alors par un Édit et le jour de naissance et de couronnement de l'Empereur défunt deviennent jours fériés (le corps étant transféré au Panthéon).
La « Grande Paix » : le règne des Maxeniniens (VIIIème - Ier siècles avant notre ère)
Entre le règne du premier Empereur, Maxenine le Grand et celui du trente-et unième Empereur Cégorode le Faible (59 – 37) l'Empire s'est profondément transformé, surtout dans les terres qui n'étaient pas peuplées de Belons. Les provinces se sont considérablement belonisées, et surtout ecosientisées, la dialecte belon d'Ecosient s'étant imposé partout en Belonnie depuis plus d'un siècle lorsque Maxenine le Grand prit le pouvoir : de nombreux provinciaux ont reçu la citoyenneté ecosientaise, le mode de vie ecosientais et ses signes distinctifs se sont diffusés : l'usage de la langue de l'Empire, l'urbanisme ecosientais (fait de pierres et de tuiles, pavant les routes), les piscines publiques gratuites sont autant de traits culturels partagé, surtout par les aristocraties locales au départ, de l'Eslagne colonisée au Dolosas. Cette intégration progressive des provinciaux a changé la composition de la couche dirigeante de l'Empire : au IVème siècle avant notre ère seuls la moitié des députés de la Diète sont encore originaires de Belonnie, moins d'un quart d'Ecosient même ; les autres viennent d'Eslagne, de Térèce, de Lycoze, du Dolosas… Mais ces grandes familles aristocratiques et « parlementaires », et cela vaut aussi pour les propriétaires terriens et les négociants, sont pleinement ecosientaises quelle que soit leur origine, de multiples mariages et alliance relativisant très vite ces origines.
Pour ses dirigeants, l'Empire est devenu un patrimoine commun que l'on administre au nom de l'Empereur, et si l'attachement à sa patrie d'origine est toujours respecté, signe de la vivacité de l'idéal de la cité, c'est l'appartenance et l'adhésion à Ecosient qui fonde un espace politique commun. Pour les populations plus modeste le changement est lui aussi très profond, même s'il est plus difficile à apercevoir : l'usage de l'ecosientais s'est répandu jusque dans les populations les plus humbles, même si les langues locales persistent souvent, et le mode de vie à l'ecosientaise a aussi été considérablement adopté. Avec la stabilisation des frontières, l'armée ecosientaise s'est organisée autour de grands camps et de grandes régions frontières où le recrutement des soldats s'est progressivement régionalisé, sans perdre pour autant en qualité.
L'administration et l'organisation territoriale de l'Empire
Dans les « provinces parlementaires », le gouverneur est nommé par la Diète. A l'époque de Maxenine le Grand, ils sont tirés au sort pour un an, et sont assistés par des comptables pour l'administration financière. Un préfet veille aux intérêts de l'Empereur (mines, carrières, domaines impériaux, impôts spéciaux). Les provinces parlementaires sont en paix et il n'y réside aucune unité militaire en permanence. Dans les provinces impériales le gouverneur est nommé par l'Empereur. Cependant l'Empereur dispose de pouvoirs de contrôle dans toutes provinces. Il peut nommer des gouverneurs extraordinaires dans les provinces parlementaires. La Belonnie joui d'un statut privilégié. Elle échappe à l'impôt foncier et est administrée directement par la Diète jusqu'au règne d'Hélérien (469 – 443) qui la divise en six provinces échappant au contrôle de la Diète.
Au fur et à mesure, les pratiques changent. Les gouverneurs sont nommés pour une durée de 4 à 6 ans. Ils gardent des liens étroits avec le pouvoir central grâce à une correspondance très suivie. Ils doivent veiller aux impôts, à l'ordre public, au recensement, au respect des propriétés. Ils disposent d'une administration très réduite. De fait, ils interviennent dans la vie des provinces surtout pour juger un citoyen ecosientais, juguler les troubles important à l'ordre public, résoudre les difficultés financières des cités. La plupart des questions administratives sont réglées à l'échelon local dans le cadre de la cité. Celle-ci constitue pour les Ecosientais, le cadre de vie idéal. Là où il n'en existait pas, essentiellement en Térèce et en Eslagne ecosientaise, les Empereurs en ont créées. L'administration, plus juste que sous le régime militaire, permet aux habitants de l'Empire de s'attacher réellement à celui-ci.
Dans la capitale, on trouve autour du chef suprême de la République impériale des organismes et des hommes qui l'aident à gouverner. Le Conseil de l'Empire dont il s'entoure pour prendre les décisions capitales est composé d'hommes choisis pour leurs compétences militaires, juridiques ou diplomatiques. Le Conseil devient peu à peu permanent et prend une place prépondérante dans le gouvernement de l'Empire. Hélérien le réforme en le composant surtout de jurisconsultes. Le Grand Moff est le personnage le plus important de l'entourage impérial. Il dirige la Garde Impériale et est le commandant en second lors des expéditions militaires. Il finit même par menacer le pouvoir impérial. A l'époque de Maxenine le Grand, les plus hauts postes, sont confiés à un personnel issu de la classe parlementaire ou aristocratique. Les postes inférieurs échoient à des affranchis de l'Empereur, voire des esclaves de sa maison. Le système reste en place jusqu'au règne d'Hélérien. Celui-ci confie aux « bourgeois » la direction des bureaux tenus par les affranchis qui sont maintenant cantonnés dans les postes subalternes.
L'armée ecosientaise comprend à peu près deux cents mille soldats de citoyenneté ecosientaise et engagés pour vingt ans. Ils sont doublés par des troupes auxiliaires recrutées parmi les non-citoyens et qui reçoivent la citoyenneté ecosientaise au bout de vingt-cinq ans de service militaire. À partir d'Hélérien, une partie des auxiliaires se distinguent de l'armée ecosientaise car ils gardent leur armement traditionnel. Les Belons répugnent à faire leur service militaire. Il faut donc aller chercher les recrues dans les provinces qui, quand elles sont très ecosientisées, rechignent elles aussi à partir à l'armée. Les soldats se recrutent donc de plus en plus dans les provinces les moins ecosientisées. L'armée ecosientaise est donc devenue une armée de métier qui a amalgamé les divers peuples de l'Empire. Inspirée du modèle veledrain, son unité provient d'un esprit de corps donné par un entraînement rigoureux , une discipline de fer élevée au rang de divinité, une religion spécifique des camps autour des dieux ecosientais traditionnels et du culte rendu à l'Empereur, un encadrement de qualité. On doit au corps des ingénieurs militaires la construction de canaux, de routes, d'aqueducs, et de fortification de cités. La présence de l'armée aux frontières est un grand facteur de développement économique pour ces zones et un puissant instrument d'ecosientisation.
Du déclin de l'Empire à l'occupation latrine (Ier siècle avant notre ère - Ier siècle après notre ère)
L'essor de l'Empire latrin
En 37 meurt Cégorode le Faible, au terme d'un règne passablement troublé, entre crises agrocoles, crises économiques et commerciales, invasions répétitives des Eslagnais, des Galabriens et des guerres qui sont gagnées de plus en plus difficilement. Et ce d'autant que l'Empire latrin qui a succédé à la République raulmaine et au Royaume de Raulme commence un essor important qui lui permet d'asseoir sa domination sur l'ensemble du Matnal et de l'Hollyade, alors même que la Latrinie (l'ancienne Eurone, aujourd'hui pour son plus grand bonheur, colonie du Belondor) était déjà entièrement conquise.
Les Latrins, vivent alors sous un régime en tout point semblable à l'Empire ecosientais. Le fondateur de l'Empire latrin, Tragian (422 - 390), grand admirateur de Maxenine le Grand, met fin aux instabilités de la République pour se faire proclamer « César » (Empereur en latrin). Instituant un pouvoir impérial fort, qu'il dénomme lui-même « césarisme » (cesarica), il rédige la première constitution de l'Histoire (très courte, elle ne fait que vingt-neuf articles). Ainsi, en passant par l'écrit, Tragian offre une stabilité en temps de crise à l'Empire qui va cruellement manquer à Ecosient (d'autant que même en temps de paix les Empereurs sont obligés de prendre des précautions pour assurer leur pouvoir puis leur succession). De nombreux échanges d'ailleurs se développent avec Ecosient qui fait figure de tuteur modèle et dont les Césars ont un profond respect – peut-être inspiré de crainte - et font preuve de déférence. Mais les perturbations que connaît Ecosient au début du Ier siècle avant notre ère pousse Raulme à se détacher de son tuteur, et à se montrer plus entreprenant.
Sous le règne d'Octave (100 – 74), les Latrins entrepèrent la conquête, dure et longue – surtout pour une armée qui n'est pas habituée au combat – de l'Hollyade. Commencée en 93, la guerre avec les tribus hollyadiennes dure plus de dix ans, se terminant finalement avec la défaite des Borigènes lors de la Bataille de Horles en 81. Suit sous son fils Adrien III (74 – 50) la conquête du Matnal, qui débute en 68 et dure un peu moin de trois ans. A partir de là commence une oeuvre de latrinisation des provinces conquises, n'hésitant pas user de la contrainte et de la répression envers les réticents et les révoltés. Justement, la plus grande menace à laquelle doit faire face l'Empire latrin éclate avec la « Révolte des Insoumis » en 52 : Matnaliens et Hollyadiens se soulèvent selon un complot bien organisé contre la domination latrine, usant même de liens avec le Roi de Galabrie Hédérote VI. Mais l'Empire latrin s'il connaît des déboires sous la direction d'un Adrien III vieillissant, les surmonte avec l'avènement de son fils, Constant Ier le Grand (50 – 11). Parvenant à maintenir l'organisation de l'armée et à créer des défenses fortifiées aux points stratégiques, il parvient petit à petit à renverser la tendance. En 45, il élimine les Galabriens à la Bataille d'Endovas tuant même Hédérote VI (la Galabrie se retirant alors du conflit). Dès lors, les Matnaliens et les Hollyadiens, bien moins organisés et disciplinés sont perdus. Finalement en 42, la victoire est là pour les Latrins qui organisent une répression féroce obligeant même la conversion des populations aux dieux latrins. Ainsi lorsque Cégorode le Faible meurt en 37 et que l'Empire rentre dans une période de trouble, Ecosient a déjà perdu son statut de puissance inégalable.
Le délitement du pouvoir impérial et de la puissance ecosientaise
Après la mort de Cégorode le Faible, le pouvoir impérial s'affaiblit au profit de l'aristocratie belonne, et surtout aux « Présidents du Conseil (de l'Empire) », sorte de chef du gouvernement. En effet les crises économiques et agricoles, ainsi que les nombreuses guerres qui se sont succédées, ont particulièrement affaibli l'édifice impériales... révoltes et répression se succède ainsi que coups d'Etat ou « jeunes Empereurs » (des Empereurs mineurs investis par un Président du Conseil pour avoir les mains libres). La famille des Obériens s'impose comme Présidents du Conseil héréditaires. Elle ne peut empêcher la perte de la Térèce et de la Lycoze au début du Ier siècle de notre ère.
L'Occupation latrine (Ier – VIème siècles de notre ère)
Finalement les relations avec les Latrins qui étaient jusqu'ici pacifiques se dégradent. Ceux-ci réclamant le protectorat de droit sur le Dolosas en 61, le Président du Conseil Orfiliel refuse. Finalement, commence du guerre. La « Guerre d'Ecosient » se termine quatre ans plus tard le 17 avril 65 par la chute d'Ecosient et l'annexion totale de l'ancien Empire ecosientais par l'Empire latrin de Raulme. Une nouvelle ère débute pour la Belonnie, que les Latrins nomment « Belondor ».
La naissance du « Belondor »
L'Empereur Maximilien organise le Belondor – c'est ainsi que la Belonnie est renommée - en quatre provinces : l'Aselle (petite région entre le Dolosas et la Térèce), le Dolosas (qui était resté dans l'escarcelle d'Ecosient), le Belondor occidental et le Belondor oriental. Les limites du Belondor sont alors largement inférieures à celle de l'Empire actuel, principalement en ce qui concerne l'Ardanie et l'Eslagne évidemment, mais aussi la Lycoze et la Térèce.
Curieusement, l'assimilation de l'ancien Empire ecosientais est rapide. En 148, le César Claude donne accès au Sénat latrin aux notables de l'ancien Empire ecosientais ainsi qu'à tous les autres peuples sous sa domination. Le développement du réseau routier, la pacification avec les Galabriens, la conquête de l'Eslagne et sa pacification favorisent l'essor économique. L’urbanisation généralisée voit le développement de nombreuses cités, organisées sur le mode des municipalités latrines, villes qui toutes perdurent encore de nos jours, tandis que les campagnes se couvrent de bourgades et de grandes exploitations agricoles qui permettent le développement d'une agriculture « intensive » et la fin des famines. Le Belondor est alors avec la Latrinie le secteur le plus peuplé de l’Empire latrin, avec une population estimée a 15 millions d'habitants.
Le développement économique bénéficie des siècles de de ce que en plagiat de la Grande Paix on va appeler la « Paix latrine » : le vignoble belondaure devient le plus réputé de tout l'Empire, et le Belondor devient un immense grenier qui alimente tout l'Empire et blé. L'artisanat se développe et se crée une industrie de la porcelaine et du fer prospère. De même, le textile et ses vêtements, de soie pour les plus riches, de laine pour les autres, est extrêmement florissant et exporte vers les grands centres de consommation tels que Raulme elle-même mais aussi Veledris et Origodes.
Les échanges ne se limitent pas aux biens matériels : à côté des cultes populaires du nombreux royaume des cieux belondaure se développe les cultes latrins et, à partir du IVème siècle, un culte monothéiste, déviance de la Zorthodoxie, que l'on appelle bien vite « Syisme ».
Déclin et chute de l'Empire latrin
Au fur et à mesure, comme ce fut le cas pour Ecosient, Raulme se fait moins puissante, les incursions des Gélèbrois (« Galabriens » en latrin) se faisant plus nombreuses et plus difficiles à repousser à chaque fois. D'ailleurs les Gélèbrois font un raid sur Raulme en 475 qui provoque la chute de nombreuses provinces : Eslagne, Lycoze et Dolosas. Le Belondor ne reste latrin que par la bonne volonté des généraux qui tant bien que mal conserve le pays dans l'Empire latrin qui rentre réellement en décadence. Les coups d'État et révolution de palais se multiplient, comme pour Ecosient, provoquant un déclin assuré. L'Empire latrin chute de lui-même en 576... par l'indépendance de l'Eurone et du Dolosas. Le Belondor se désolidarise de fait, proclamant son indépendance la même année.
Mais, cinq siècles de latrinisation laissent de profondes marques sur le Belondor et les provinces qui constitueront l'Empire actuel : des langues (belondaure et terreforestain), un droit écrit et dégagé de tout principe religieux, des villes, une religion (le Syisme), et même des habitudes quotidiennes (le savon, le vin, les céréales, les pâtes). Ces apports sont fondamentaux, le Belondor acquiert là ce qui fait sa culture politique, sociale et morale : le plus grand de ces acquis est la manière de gouverner, toute issue d'Ecosient, mais principalement héritée de Raulme. Le césarisme en donnant la possibilité à tous les peuples de l'Empire de devenir sénateurs associait à un monarque issu du Peuple les talents des peuples que l'Empereur devait gouverner. Ce modèle sera repris par le grand Antonine Ier, fondateur de l'Empire du Belondor, lui apportant des améliorations sensibles.
Le Moyen-Âge (VIème - XVIIème siècles)
La « Première Guerre d'Indépendance »
La chute de l'Empire latrin 576 provoque une sorte de périclitation anarchique. Le Belondor, comme tant d'autres peuples est indépendant de fait, mais aucun organe politique n'a proclamé celle-ci et l'élite politique se fait rare. A l'inverse, le gouverneur de Térèce Maximus Mérédieus, se fait proclamer Roi du Belondor par son conseil préfectoral et les sénateurs térècs en 577. Seulement, les Belondaures s'ils se sont montrés fidèles et paisibles lors de l'occupation latrine n'entendent voir leur indépendance se laisser voler par un gouverneur a fortiori de Térèce. Mérédieus tente l'invasion avec dix mille hommes pour faire reconnaître son autorité en 580 : il croit au parcours de santé, cela tourne au désastre. La guérilla belondaure nationaliste se développe et s'organise : les grands propriétaires terriens et fonciers arment des paysans, leur promettant protection en échange de la soumission de ceux-ci à leur autorité : ce sont les premières bases du féodalisme. Un grand propriétaire terrien, Constantine Bordebonius (nom à influence latrine par ailleurs), s'élève parmi ceux-ci, devenant de fait le chef des résistants. Ceux que l'on appelle alors les « Terraforestici » (habitants de la Terre des Forêts : « Terraforestis ») sont repoussés au bout d'une guerre de cinq ans après la victoire de Balbiac où Maximus Ier de Terreforeste est vaincu (le nom actualisé de la Terraforestis). À la mort de Maximus, Constantine se fait élire Roi du Belondor en 586, tandis que le fils de Maximus, Maximus II, se fait proclamer Roi de Terraforeste et fait de Novellus (ville fondée par les Latrins) sa capitale en la renommant Rex Civit (la Cité des Rois).
Les Bordebons et la consolidation de l'État
L'évolution du pouvoir royal
Le règne des premiers Bordebons est néanmoins marqué par la faiblesse du pouvoir royal face aux grands seigneurs à la tête de féodalités. Constantine Ier n'intervient jamais au nord-est du Royaume et en Aselle. Son autorité est limitée au domaine royal en réalité, le domaine de la Couronne accordé lors de son élection et il doit se battre pour préserver ses droits sur ses propres terres ; les biens matériels et les vassaux directs sur lesquels il exerce un pouvoir direct. Les premiers Bordebons ne possèdent qu'un domaine royal peu étendu, réduit pour l'essentiel à une zone de soixante-dix kilomètres autour d'Elbêröhnit (devenue capitale puisque ville d'origine du premier Roi). Face aux grands du royaume quasi-indépendants ils possèdent cependant trois atouts :
- Ils parviennent à transformer leur statut électif par les nobles (même au sein de la même lignée) pour une monarchie héréditaire au sein de laquelle l'élection n'est plus et le sacre est tout.
- Les Rois du Belondor sont au sommet de la hiérarchie féodale et ne rendent hommage à personne pour leurs possessions : ils sont en théorie maîtres du Royaume et disposent à leur gré des terres et des populations. La féodalité obligeant tous les grands féodaux du Royaume doivent prêter allégance au Roi, acceptant de fait leur infériorité par rapport aux Rois. Bien que plus faible, ceci servira les Bordebons au bout du compte.
- Le sacre justement permet aux Bordebons d'obtenir un caractère sacré, le Roi devient dès lors « Lieutenant de Dieu sur Terre », il est donc intouchable et indéboulonnable ; et par sa sacralité s'opposer à lui revient à s'opposer à Dieu, délégitimant les velléités d'autonomies féodales. Ainsi le Ainsi le Roi en ne détenant progressivement son pouvoir que de Dieu devient l'autorité suprême intouchable.
L'affermissement de la Royauté
A partir, de 702, la montée sur le trône de Ceronine II (702 - 731), a comme objectif principal l'abaissement des féodaux les plus puissants, notamment le Duc d'Aselle et le Comte du Dolosas (réintégré au Belondor dès 587). Entre 705 et 708, il fait la conquête de l'Arabout et du Talvio sur les Comtes d'Eliadie et de Marvalle. Sur le plan intérieur, il augmente les ressources royales par une bonne administration, ce qui lui permet de rétribuer des mercenaires, de construire des nouveaux remparts autour d'Elbêröhnit, de paver la ville et d'édifier la forteresse du Palais déjà ancien, car construit sous l'Empire ecosientais, qui est aujourd'hui demeure des Empereurs des Belondaures. À sa mort, le domaine royal est considérablement agrandi. Ses successeurs vont continuer son œuvre.
Son petit-fils, Etolnine IV (744 - 759), signe enfin la paix avec les deux plus puissants féodaux du Royaume. Il affirme le droit du Roi de légiférer dans tout le Royaume, y compris dans les grands fiefs quand l'intérêt commun l'exige. Il met en circulation une monnaie royale stable et fiable, le « Constantine » d'argent valable dans tout le Royaume. Il place définitivement la monarchie au-dessus du bien commun. Ses légistes affirment que rien ne peut justifier la rébellion d'un vassal et qu'il ne peut y avoir d'autorité par dessus le Roi.
Hactorel VII (885 - 914) est le continuateur de la stratégie de Ceronine II. Il est connu pour le rôle qu'il a joué dans la centralisation administrative du Royaume. Il organise définitivement les parlements, cour de justice et à la fois lieu de délibération et de consultation des lois prises par le Roi. Pendant tout son règne, il cherche à améliorer les finances royales. Cependant, le nombre impressionnant de conflits qu'il mène l'en empêche et et il est obligé de boucler le budget de l'État au moyen de supercheries, telles que la confiscation des biens des marchandes étrangers ou le faux-monnayage. Pour trouver de nouveaux subsides, il organise la première réunion de représentants des trois ordres (les « Ordres Nationaux ») ou ordres de l'Eglise, de l'Aristocratie et des Roturiers. Ce type de réunion sera appelé plus tard États Généraux (et les ordres seront renommés « clergé », « noblesse » et « Tiers-État »). Il s'entoure de juristes originaires de tout le royaume. Il parvient encore lors de deux guerres à éliminer totalement l'autonomie relative des Ducs d'Asselle et d'Ecosient ainsi que du Comte du Dolosas. A sa mort, le Royaume paraît plus fort que jamais.
La « Guerre des Cinquante Ans »
En 1003, le Roi Etolnine V (978 - 1003) meurt en laissant quatre fils. L'aîné, Jean Ier (1003 - 1005) devient Roi selon la coutume royale ; mais le second des fils d'Etolnine V, Hactorel, rêve de devenir Roi en lieu et place. Il fait assassiner son frère en 1005 et se fait couronner Roi du Belondor sous le nom d'Hactorel IX (1005 - 1016). Cela devait entraîner le Belondor dans une guerre civile de plus de dix ans. Car les frères cadets, Grenel et Vanolnine, se jurent fidélité contre Hactorel afin de venger leur frère aîné. Après de dures batailles, Hactorel IX est finalement vaincu, s'exilant en Gélèbre, et Grenel IV (1016 - 1036) et Vanolnine Ier (1016 - 1063) montent sur le Trône en se partageant le Royaume : à Grenel IV l'ancienne Belonnie et à Vanolnine Ier, l'Aselle et le Dolosas. Finalement, à la mort de Grenel IV en 1059, Vanolnine Ier devient le seul maître de tout le Belondor, jusqu'à sa mort en 1063. Son fils, Maxenine IV (1063 - 1075), lui succède alors sans problème, faisant juste face à quelques raids lycoziens et à une révolte dolosaire vite mâtée.
La « Grande Royauté »
L'essor de la puissance belondaure
Syistes tous les trois, le Belondor dirigé par Vakanel III (1192 - 1210), la Terreforeste dirigée par Lucius II (1184 - 1200) et la Lycoze où règne Damien V (1185 – 1229) s'allient en 1195 pour la Croisade contre les Dolosaires, qui se proclamant indépendants en 1189, renouent avec les cultes polythéistes de leurs ancêtres. En 1201, ceux-ci sont vaincus après une longue et difficile guerre qui faillit tourner à leur avantage, Veledris est de nouveau entièrement rasée et ses habitants dispersés après moult péripéties et exactions. En 1223, le Roi Vakanel V (1223 - 1256), monte sur le Trône. Il fait la guerre à la Lycoze dès l'année suivante afin de réaliser son rêve : faire revivre le Grand Empire ecosientais. Il met dix-sept ans à soumettre les Lycoziens, qui s'armant de patience tentent une guerre d'usure qui finit pas échouer... mais il faudra encore cinq ans au Roi du Belondor pour pacifier le pays. Cette guerre terminée, il attaque la Terreforeste qui, plus puissante que la précédente, sait lui rendre ses coups. Finalement, à sa mort en 1256, la Terreforeste avait récupérée une partie de la Lycoze et l'Aselle.
Cependant, ses successeurs, plus habiles, s'arrangent pour recouvrer l'ensemble des terres qu'il perdit : l'Aselle revient dans l'escarcelle du Belondor dès 1263 grâce à Vakanel VI (1256 – 1270). Pour l'est de la Lycoze il faudra attendre encore un peu... elle redevient belondaure en 1300 grâce à Jean II le Saint (1298 – 1324). Il n'empêche que durant des siècles, les conflits avec les Terreforestains allaient remplir l'Histoire du Belondor.
Le « Tricentenaire doré »
Le Belondor du Tricentenaire doré (d'environ 1350 à 1650) est le bastion du Syisme contre les cultes qualifiés d'hérétiques (la Zorthodoxie notamment) et les halawites (pour la plupart immigrés de pays orientaux). Il existe une ségrégation de fait contre les non-Syistes et des persécutions ainsi que des campagnes d'évangélisation en Ardanie, que les Rois souhaitent coloniser culturellement, prémices à une colonisation économique puis politique. De nombreuses croisades sont également menées contre les réformes du Syisme : la plus connue est celle menée par le prêtre Angedin en 1499, qui prône un culte plus ascète et plus détaché des choses matérielles. Ecosient et ses alentours y adhère, entraînant une guerre civile de trois ans, avec une répression extrêmement féroce. L'Ardanie est colonisée au cours des XVème et XVIème siècles, par la force et le sang (on estime à un million de morts le nombre d'Ardaniens qui y laisseront leur vie) ; la colonisation s'accompagne d'une évangélisation forcée.
Andérand de Valbueron, Comte d'Artifiel (1587-1645), favori et principal ministre d'Hactorel XIII (1621 – 1651) (le « Chancelier ») entreprend d'importantes réformes comme la lutte contre la corruption et l'inflation, la centralisation de l'administration et le soutien à l'économie nationale et aux exportations commerciales : il fonde en quelque sorte le mercantilisme. Malgré tout, il ne peut empêcher le pays de décliner et ne peut éviter l'accroissement d'une dette qui rend le Royaume d'Hactorel XIII de plus en plus dépendant financièrement des deniers de son cousin le Roi de Gélèbre (en effet, le Roi de Gélèbre, Louis VI est un cousin éloigné du Roi du Belondor, après un mariage qui donne la couronne de Gélèbre à un Bordebon en 1495). Il appuie la Gélèbre en butte à des conflits répétitifs avec ses provinces du sud, l'Hollyade et le Matnal et il s'oppose avec vigueur et systématiquement à la politique de la Terreforeste dirigée par Auguste III. En 1640 début la « Guerre d'Hams-Berg » (qui doit son nom à la volonté des Belondaures de récupérer cette cité-forteresse du Silibien) avec les Terreforestains (la neuvième guerre entre le Belondor et la Terreforeste depuis 1500 !). Après une guerre extrêmement rude et difficile, les Terreforestains perdent la Bataille de Roquémaron, en 1643, et doivent céder le Comté du Valograsse (petit comté au nord de l'Aselle) et Hams-Berg. Cependant, c'est le dernier fait de gloire qui termine le Tricentenaire doré.
Une modernisation économique et sociale
En 1200, le Belondor est le pays le deuxième plus peuplé de l'ancien Empire latrin (qui rassemble nous l'oublions pas l'Eurone, le Matnal, l'Hollyade, la Terreforeste, le Belondor et la Gélèbre), avec 18 millions d'habitants. En 1350 au début du Tricentenaire doré il est peuplé d'environ 20 millions d'habitants. L'augmentation de la population accompagne les grands défrichements. Des nouvelles techniques agricoles se diffusent permettant de cultiver les terres riches et lourdes des plaines fertiles du Dolosas et du bassin elbêröhnitois : charrues à roue et à versoir qui aèrent le sol, herses qui brisent les mottes. Villages, églises et châteaux-forts façonnent le paysage des campagnes, montrant l'essor du pays. Le retour à une paix relative au niveau intérieur favorise la circulation des marchandises et des hommes, la circulation monétaire et la renaissance des villes. Les artisans et les marchands se révoltent bien vite contre l'autorité tatillonne des seigneurs laïcs ou ecclésiastiques et parviennent à obtenir, lorsqu'ils ne sont pas massacrés, des chartes communales leur octroyant quelques droits de remontrances et d'administration propre. Dans les villes, les artisans exerçant une même activité se regroupent en organisations professionnelles très rigides et protectionnistes, sur lesquelles les Rois légifèrent rapidement, fondant ainsi les Corporations..
Le Tricentenaire doré transforme le Belondor qui passe à 30 millions d'habitants et est de loin le plus peuplé désormais ! L'essor démographique est tel que nombre d'hommes venus du Royaume émigrent en Ardanie à partir de 1500. Et cela grâce aux améliorations des pratiques agricoles qui permettent l'augmentation des rendements des terres cultivées. Ceci n'empêche pas les campagnes d'être secouées par des révoltes, le plus souvent locales contre la féodalité seigneuriale et ecclésiastique et il faut souvent l'aide du Roi pour que les seigneurs et évêques rétablissent leur autorité. Pourtant le XVIème est celui des chartes d'affranchissement qui permettent aux paysans d'améliorer grandement leur condition juridique et fiscale. Elbêröhnit devient la ville une ville de grande importance plus importante de l'Occident Syiste avec près de quatre cents mille habitants habitants. Son rayonnement est assuré par son École royale, ses édifices religieux, ses ateliers de textiles, de miniatures et d'ivoire. Néanmoins, la ville la plus florissante reste Ecosient, principal port commercial pour les relations avec l'Ardanie : son essor économique est tel qu'en trois cents ans elle passe de 300 000 habitants à un million ! Pourtant dès le début du XVIIème siècle, des signes d'essoufflement économique apparaissent. Les petits seigneurs s'appauvrissent. La croissance de la population a abouti à un fractionnement des tenures. L'écart s'élargit dans les villes entre les riches et les pauvres entraînant des révoltes du bas-peuple contre le haut-peuple entraînant des grèves et des conflits comme à Izaleninelit, en Aselle et en Campanie…
Le déclin du Royaume et la « Guerre de Succession »
A la mort d'Hactorel XIII débute une régence, celle-ci puis le règne du « Roi honteux », Hactorel XIV (1690 – 1695), précipite le déclin du Royaume. Sa mort sans héritier, en 1690, ouvre la Guerre de Succession du Belondor (1690 – 1695) entre les prétendants au Trône : le neveu au second degré de feu Hactorel XII (1600 – 1621) et le Roi de Gélèbre Ulrich II (1680 – 1730), neveu au sixième degré du défunt Roi. La guerre se révèle difficile pour le Belondor qui doit en plus faire face aux attaques de la Terreforeste, alliée pour l'occasion de la Gélèbre. Finalement, Ecosient tombe le 17 avril 1695 après un pillage monstre et avoir vu ses murailles entièrement rasée. Deux mois plus tard, le 22 juin, c'est Elbêröhnit qui tombe. Les Traités d'Urlterech (1696) amputent la puissance belondaure de la Lycoze qui revient à la Gélèbre et d'Hams-Berg, de l'Aselle, du Valograsse et du Dolosas à la Terreforeste ; l'Ardanie devient une colonie de l'Eslagne. Pire que tout, le Belondor lui-même devient un protectorat de la Gélèbre puisque le Roi de Gélèbre devient Roi du Belondor, tandis que Hactorel XIV doit se contenter d'un titre honorifique de « Duc du Belondor » et de se voir contraint de résider à la Cour de Marceinne. Le Belondor n'est plus une puissance majeure, et a perdu tout prestige : il n'est même plus indépendant.
Ainsi s'achève le Moyen-Âge... sur un fiasco total de Rois incapables de faire face à leurs devoirs.
Le Protectorat gélèbrois (1696 – 1868)
La disparition de la Terreforeste
En 1713 meurt Maximus VIII, le Roi de Terreforeste. Le Trône revient alors à Ulrich II, marié à sa fille, profitant ainsi de l'absence de loi salique. Une révolte éclate alors, mais Ulrich II est déterminé, car il a un projet : réaliser à son profit l'unification des nations Syistes. Une longue guerre de trois débute. Ulrich II se révèle sans pitié et brûle villes et villages qu'il prend, notamment Origodes qui s'était révolté contre son autorité – en tentant de profiter de cette horrible guerre pour proclamer son indépendance – et bien entendu Rex Civit. Au total, si Ulrich II perd plus de cent cinquante mille hommes, les Terreforestains souffrent cinq cents mille morts ! Ulrich II est alors appelé « Ulrich le Boucher ». Il n'empêche qu'en 1716 la Terreforeste n'est plus. Quant au prétendant au Trône de Terreforeste, le fils d'une cousine de Maximus VIII, Maximus IX (1713 – 1716), il est exécuté alors même qu'il n'a que dix-sept ans...
La fausse triple monarchie
La Gélèbre-Belondor-Terreforeste est censée être une triple monarchie avec un monarque unique, gérant ces trois différentes nations par sa seule volonté mais selon les spécificités de chaque État, au niveau culturel, économique, politique, linguistique, etc. selon la « Lettre Patente de Raichmand », édictée par Ulrich II en 1729 pour ses successeurs. Aucun ne la respectera. En effet au fur et à mesure que les années passent, la centralisation s'accélère transformant la triple monarchie en une monarchie unique dominée par la Gélèbre. Ceci entraîne de nombreuses révolutions. En 1738 et 1743, le Belondor se révolte deux fois mais est vite mis au pas ; la Terreforeste en 1742, 1748 et 1752. Le Roi Maximilien IV (1751 – 1799) tente de mettre au pas le Belondor et la Terreforeste. En 1760 la Terreforeste se révolte et voit son Royaume définitivement supprimé et intégré au Belondor.
Le même Roi commence dès l'automne 1761 la reprise en main du Belondor en nommant le baron Oledinger gouverneur général et représentant du Roi au Belondor. Le Belondor se retrouva ainsi du jour au lendemain absorbée dans la Gélèbre ! Le pays est réorganisé et quasi démentelé en pas moins de vingt-trois districts, il lui ôte également la Térèce, sépara le Valograsse de celle-ci.
Les intendants sont désormais nommés par Marceinne directement sans consultation des parlements provinciaux, eux-mêmes dissous ainsi que toutes les autres assemblées territoriales. Quant aux Corporations elle sont surveillées désormais par un échevin. Les fonctionnaires gélèbrois occupent également les postes de l'administration belondaure au mépris des règles établies précédemment. De la même manière, le belondaure est proscrit au profit du gélèbrois dans l'administration, l'enseignement (pour peu qu'il touche plus de dix mille personnes), etc. Or, en dépit d'une répression politique sévère, les Belondaures supportent stoïquement la présence gélèbroise, entretenant clandestinement leur culture, leur langue, leurs traditions et pratiques. Par ailleurs, si la noblesse belondaure par esprit courtisan collabore, ce n'est pas le cas de la bourgeoisie qui s'organise en société secrète.
Cependant les apports économiques des Gélèbrois sont majeurs, notamment en terme de modernisation agricole et industrielle à partir du début du XIXème siècle. Ainsi le Belondor rentre quelque peu dans l'ère moderne, toute proportion gardée avec les transformations économiques et sociales que connaît la Gélèbre. Au cours de ce siècle, se développent des idées, libérales, voire démocratiques, sociales et artistiques nouvelles. Un renouveau de la philosophie politique et morale pénètre les élites aristocratiques et bourgeoises qui ne sera pas sans conséquences au XIXème siècle : c'est ce que l'on appellera le « Siècle des Éclairés ».
La « Seconde Guerre d'indépendance » (1859 – 1868)
Le Belondor entend profiter de la guerre coloniale que mène la Gélèbre en Ardanie et du conflit avec l'Eurone, l'Hollyade et l'Eslagne pour reprendre son indépendance. Fin 1859 éclate une révolte à Elbêröhnit et les insurgés après la libération de la ville proclament le Duc du Belondor, Constantine, Roi sous le nom de Constantine IV (1859 – 1873). Ainsi débute la Seconde Guerre d'indépendance. Fin 1860, le général Howenberg force le général belondaure de Lovès à quitter Elbêröhnit. Au cours de l'hiver 1861, qui s'avère le plus cruel de la guerre, de Lovès et son armée campent dans la Vallée du Disueluve, dans le sud-ouest de la Pélamonie (l'actuel département du Disueluve) et tiennent Cancraces contre vents et marées. De Lovès et ses hommes font montre d'une endurance surhumaine, mais le manque de vêtements appropriés, la malnutrition, la maladie, notamment la fièvre typhoïde, ont raison du quart des soldats et de de Lovès lui-même. Le général Antonine de Temararien à peine âgé de 22 ans en pris alors le commandement. Au même moment, le 18 avril 1861 la Gélèbre signe une paix blanche avec ses ennemis continentaux, reportant les deux-tiers de ses troupes contre le Belondor, et l'autre tiers contre les Ardaniens (erreur fatale, car ces troupes leur manqueront au Belondor sans parvenir à vaincre les Ardaniens !).
Devant l'enlisement militaire, les Belondaures cherchent des soutiens étrangers : ils font appel aux Eslagnais qui, en raison du souvenir de la dernière guerre et des exactions gélèbroises ainsi que leur perception du fait que cette guerre est une querelle familiale entre Gélèbrois, refusent d'apporter leur aide et demeurent neutre à cette guerre. Cependant, le général de Temararien se révèle un grand stratège et il gagne à un contre deux la Bataille de Sorégoline les 12 et 13 octobre 1863 encourageant l'Hollyade à entrer en guerre contre la Gélèbre à nouveau. Dès le 6 février 1864, l'Hollyade et finalement le Matnal passent une alliance et un traité d'amitié avec le Belondor. En 1866, l'Ardanie rejoint l'alliance, Ardaniens et Belondaures se promettant de ne pas conclure de paix séparée tant que les deux pays ne seront pas indépendants et libérés des Gélèbrois. Finalement, une grande coalition se monte lorsque l'Eurone et l'Eslagne déclarent la guerre les 3 et 29 mars 1867.
Le général Antonine de Temararien qui se bat alors pour le Roi Constantine IV lance une grand offensive avec toutes ses forces rassemblées au même endroit après une longue guérilla. Avec quatre-vingt mille hommes il bat les diverses armées gélèbroises une par une... Au début de l'année 1868, Elbêröhnit est assiégée. Elle tombe le 26 février. Le Roi et son général rentrent acclamés par la population. Dans le même temps, les Matnaliens et Hollyadiens réunis remportent une victoire décisive à Rex Civit et anéantissent l'armée du Duc de L'Osséran le 24 février. Les Gélèbrois se replient partout. Finalement, asphyxié, perclus de dettes, la bourse paniquant et la crise économique se faisant sentir, ils se résignent à la paix. Par ailleurs la guerre en Ardanie virait au désastre et les troupes étaient toutes prisonnières. Enfin, la noblesse trop longtemps tenue à l'écart réclamait le droit de participer aux affaires publiques... c'est ainsi qu'allait naître en avril 1868 le premier régime parlementaire, de nature strictement aristocratique, seuls détenteurs du vote : un régime des partis privilégiant évidemment les intérêts d'une classe... c'est ainsi que tous les régimes parlementaires qui suivraient se caractériseraient.
Quoi qu'il en soit le 25 juillet, le premier gouvernement parlementaire, mené par Oliender, demandait la paix. Le Traité de Cancraces cédait ainsi au Belondor l'ancienne Terreforeste (la Térèce), le Dolosas, la Lycoze, l'Aselle et le Royaume du Belondor était reconnu indépendant et propriété du « Roi du Belondor » Constantine IV (première déceptions parmi les libéraux et autres constitutionnalistes de tout bords de voir que le Roi n'est pas « Roi des Belondaures », refusant ainsi de reconnaître la souveraineté nationale...). Quant à l'Ardanie elle devenait une République, elle serait bientôt régie par une assemblée unique désignant les deux consuls, l'un s'occupant de l'intérieur et de l'extérieur et exécutant les décisions de l'Assemblée. Quant au Belondor, s'il était enfin indépendant, les problèmes n'en étaient pas terminés.
La « Grande Révolution » (1871 - 1880)
Pour comprendre la Grande Révolution il faut remonter aux années 1868, 1869 et 1870 et à la politique de la « Première Restauration ».
La « Première Restauration »
La société belondaure
En 1868, les premières mesures du nouveau Roi, à peine âgé de vingt-neuf ans, sont rassemblées au sein de l'Ordonnance de refondation : conservation des trois ordres, des Corporations, de la dualité des justices civiles et religieuses, des privilèges et restauration de la monarchie absolue, des parlements et des anciennes communes. Le Roi entend effacer cent soixante-douze ans d'Histoire. Ainsi, la hiérarchie sociale est toujours fondée sur une division par ordres répartissant inégalement le poids des impôts, l'accès à la justice et aux grades militaires. Ainsi, il existe deux ordres privilégiés : le clergé et la noblesse et un ordre non-privilégié, le Tiers-État, et ce malgré la collaboration des deux premiers (notamment la noblesse) avec les Gélèbrois et le sacrifice volontaire du Peuple pour l'indépendance. Le poids des impôts est inégalement réparti entre les privilégiés, quasiment non-imposés, et les non-privilégiés, très lourdement taxés. De plus, à l'intérieur même du Tiers-État, il existe de fortes différences selon les provinces ou entre les villes qui possèdent des avantages importants. Pourtant, comme nous l'avons dit, et ce grâce à l'influence gélèbroise, le XIXème siècle voit l'essor de nouvelles catégories sociales dans les villes et dans les gros bourgs. L'enrichissement collectif a affaibli les frontières entre bourgeois du Tiers, anoblis pour une grosse minorité après l'indépendance, et nobles. Parmi les nouvelles couches, on trouve la bourgeoisie marchande ou financière, qui profite de l’enrichissement global, et les laboureurs, des paysans riches qui peuvent offrir à leurs enfants une éducation. La bourgeoisie aspire à occuper de hautes fonctions dans le Royaume, comme elle l'occupe déjà de fait dans l'armée et ce malgré les prétentions aristocratiques (que le Roi tente de satisfaire), grâce à la Seconde Guerre d'indépendance.
Cependant, le nouveau régime ruine tout espoir de mobilité sociale, l’accès à la noblesse se ferme de plus en plus étroitement sous la pression des aristocrates anciens. Les nobles qui veulent restaurer leur autorité et leurs prestige perdu prélèvent de forts droits féodaux oubliés et contrôlent de manière plus tatillonne leur perception : c’est la réaction nobiliaire. Cependant, les mauvaises récoltes ont comme conséquence de jeter à la rue les plus fragiles, faisant grossir le nombre de mendiants, de vagabonds.
La contestation de la monarchie absolue
Cependant la plus grosse déception pour la noblesse vient du fait que le Roi ait refusé le principe d'une Constitution. Comme autrefois, le pouvoir repose sur la monarchie absolue de droit divin. Le Roi ne tient son pouvoir que de Dieu comme le montre sa volonté de se faire sacrer dès la fin de la guerre : il se fait ainsi le champion des plus conservateurs. La tradition monarchique veut que le Roi respecte les libertés et privilèges accordés à certains individus, certaines villes ou provinces. Le Roi règne sur le pays en maître incontesté et se trouve, en tant que « suzerain des seigneurs » le chef d'une immense clientèle qui n'attend que faveur de sa part et qui étant son meilleur soutien il tient à chérir.
La philosophie des Éclairés s'est diffusée dans les couches supérieures de la société française, la bourgeoisie et la noblesse libérale. Contre la monarchie absolue, nombre de gens commençaient à lorgner vers le modèle gélèbrois d'une monarchie limitée par un parlement (assemblée élue par les plus éclairés) est mis en avant. La guerre fait que pour ceux-ci le Belondor ne peut plus se limiter à renier la souveraineté nationale.
Les ordres privilégiés se révoltent aussi contre le pouvoir royal. En effet, l'absolutisme les prive de leurs prérogatives qu'ils veulent entièrement retrouver : s'ils sont opposés à toute réformer, ils veulent voir renaître uen certaine forme de féodalisme. Les parlements, composés de nobles (conservateurs, libéraux) ou de riches bourgeois anoblis, profitent du droit traditionnel qui leur permet d'émettre des remarques lors de l'enregistrement des lois dans les registres des parlements pour critiquer le pouvoir royal dès 1869. Bien qu'ils défendent avant tout leurs privilèges, ils arrivent à passer, aux yeux de l'opinion publique, comme les défenseurs du Peuple, car ils sont l'unique tribune contre le pouvoir royal absolutiste.
La noblesse évincée du pouvoir sous Hactorel VII ne rêve que de revenir aux affaires comme l'a réussi la noblesse gélèbroise. À cette revendication politique, se double une revendication économique. Les nobles sont cantonnés à certaines activités économiques peu rémunératrices dites « pures », à l'inverse d'activités extrêmement rémunératrices dites « impures », sous peine de perdre le statut de noble. Dans une période où la guerre a fait des ravages et où la rente de la terre ne fait que diminuer et où les frais de représentation (personnel, entretien, voyages, costumes, voitures,...) augmentent de plus en plus, leur pouvoir d'achat diminue : certains sont même totalement ruinés. La noblesse s'arcboute donc sur ses anciens privilèges, principalement les droits féodaux, et exige le paiement de certaines taxes féodales tombées en désuétude, tel le cens. Elle s'arroge aussi l'exploitation exclusive de certains communaux, ces terres non cultivées où, traditionnellement, les paysans pauvres pouvaient faire paître leurs quelques bêtes. Cette crispation est très mal vécue par les paysans qui, se sentant abandonnés du Roi, floués alors qu'ils ont combattus les Gélèbrois, humiliés parce que les nobles ont eux collaboré, réclament l'abolition des droits féodaux pour soulager leur misère.
Malgré tout, dans leur immense majorité, les Belondaures souhaitent avant tout la réforme et une société plus moderne, n’imaginant pas que puisse se déclencher une révolution violente. Le Roi est, en 1871, toujours considéré comme le père des Belondaures. Il est aimé et respecté, et l'on croit que s'il a rétabli ce que l'on nomme l' « Ancien Régime » c'est parce qu'il est mal conseillé : l'on souhaite surtout une réforme profonde de l’État.
Des revendications à la Ière République (1871 - 1873)
Le Belondor est en plein crise au début de l'année 1871. Pour y mettre fin, Constantine IV se résout à céder et convoque les États Généraux pour le 1er juillet 1871. Les députés du Tiers-État, aidés par la noblesse déshéritée, et le clergé le plus pauvre, mettent fin à la monarchie absolue et décident de rédiger une constitution élitiste pour le Royaume. Cependant, la fin du mois de juillet, s'avère agitée, les paysans veulent de suite mettre fin aux droits féodaux et se révoltent, massacrant leurs seigneurs, d'autant qu'ils ont peur que ceux-ci remettent en question l'abolition des droits féodaux votée le 15 juillet : ce jour marque définitivement la fin de l'Ancien Régime. Une nouvelle société nait autour de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, votée le 20 juillet. Ce texte reconnaît l'égalité des citoyens devant la loi, consacre la souveraineté nationale, la nécessité d'un gouvernement des plus éclairés issu de celle-ci et légitime le droit de résistance à l'oppression. Le Roi se retrouve alors isolé en son Palais Ceronine II car nombre d'aristocrates fuient vers l'Eslagne, le Matnal et l'Hollyade : ceux-ci s'ils souhaitaient l'affaiblissement du Roi voulaient conserver la société d'Ancien Régime.
L'abolition des privilèges et de la féodalité pousse les constituants, pétris de rationalisme et des idées du Siècle des Éclairés à réorganiser le Belondor pour lui donner l'unité qui lui faisait défaut et effacer définitivement cet Ancien Régime qu'ils haïssent pour la majorité. L'Assemblée constituante décide de supprimer l'enchevêtrement des anciennes circonscriptions administratives et crée le 15 septembre 1871 une circonscription administrative unique pour la justice, l’administration, la religion, la collecte des impôts, gérant la chose publique de manière très décentralisée : il s'agit des « provinces », huit en tout, dirigées par un conseil provincial élu, divisés eux-mêmes en cités, gouvernées par un conseil civil élu. La suppression des douanes intérieures, des corporations et de leurs privilèges pointilleux, la décision de créer de nouvelles unités de poids et mesures basées sur le système décimal et valables dans tout le Belondor, l'égalité en droit pour les citoyens Syistes sont autant d'initiatives propres à consolider l'unité nationale à mettre au crédit des constituants. Il s'agit désormais du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes comme le prouve l'annexion du minuscule Comté du Valograsse (devenu indépendant) le 1er novembre 1871.
Par contre, la réorganisation du clergé Syiste sans l'autorisation de la papauté suscite une profonde division dans le Royaume. La loi de subordination de l'Eglise à l'État votée le 12 janvier 1872 transforme les evêques et les curés en fonctionnaires élus et devant prêter serment de fidélité à la Nation. Cette loi est condamnée par le pape, comme l'ont été l'ensemble des réformes révolutionnaires précédentes. L'hostilité du Roi, de plus en plus flagrante, aux réformes est un autre élément fondamental de division. Finalement est adopté le 15 avril 1872 la première Constitution du Royaume : le Roi en est le Chef d'Etat, nommant un Premier Ministre et son Gouvernement, responsable devant le Parlement élu par les trois cents mille électeurs les plus riches du pays. Constantine IV ne se satisfait pas de ceci. Il louvoie et espère la guerre couronnée par une possible défaite belondaure pour retrouver son pouvoir absolu.
La guerre et la chute de la Royauté
Le Matnal, l'Hollyade et l'Eslagne s'inquiètent en effet d'une possible contamination en leurs royaumes. Ils signent le 25 septembre 1872 un « triple alliance pour le salut de la Foy. » Le Belondor est clairement visé. Mais celui-ci s'organise et le général de La Voirès, est nommé chef d'Etat-Major des armées du Roi... contre l'avis du Gouvernement et du Parlement qui n'ignorent rien de ses piètres qualités de stratèges. Finalement, la ferveur révolutionnaire des parlementaires belondaures l'emportent et le 3 janvier 1873 ils déclarent la guerre à la triple alliance pour la « survie de la Grande Révolution (elle en gardera d'ailleurs le nom) et la liberté des peuples frères ». Les défaites des premiers combats et l'invasion du territoire national ont pour conséquence la chute de la Royauté, le 10 mai 1873 et la proclamation de la République, le 12. Le général de Temararien, trente-trois ans remplace à la tête des armées, de La Voirès parti proposer ses services aux ennemis...
De la Ière à la IIème République (1873 - 1880)
Le général de Temararien fait des exploits, à l'automne il a rétablit la situation et avance sereinement vers Braserel, tandis que Hollyadiens et Matnaliens sont repoussés hors des frontières du Belondor par le général Ogélénine. À Elbêröhnit, le Parlement rédige une nouvelle constitution républicaine et s'occupe du procès du Roi lorsque celui-ci s'échappe le 29 octobre 1873 et s'enfuit à Marceinne, demandant l'aide de son cousin éloigné, le Roi de Gélèbre Ulrich IV. L'entrée en guerre de la Gélèbre, le 2 décembre, entraine celle de l'Eurone, le 18 : ce sont toutes les nations de l'Ouest qui rentrent en guerre contre le Belondor. La jeune république est vite assaillie de toutes parts par les coalisés qui franchissent les frontières orientales au printemps 1874. Par ailleurs, le centralisme révolutionnaire est mal vécu dans l'ouest du pays, à Ecosient et Cancraces, qui deviennent deux républiques autonomes ; alors que le sud dolosaire réclame son indépendance : le Belondor est en véritable guerre civile. Alors que de Temararien était proche d'entrer dans Braserel il doit faire demi-tour avec ses troupes pour empêcher, lors de la Bataille de Lonly-sur-Grulée le 15 juin 1874, la prise d'Elbêröhnit. Les libéraux, qui dirigent le pays depuis la proclamation de la République car majoritaires au Parlement, veulent pour calmer la situation instaurer un régime fédéral, auquel s'opposent les démocrates (la gauche) qui appellent à l'unité nationale et à des mesures d'exceptions.
La Constitution de la Ière République
Finalement, libéraux et démocrates parviennent à un compromis pour la nouvelle constitution le 3 juillet. Celle-ci est inspirée de l'élitisme libéral, favorable à un gouvernement des plus éclairés et donc de forme assez aristocratique, et également des mouvements démocrates favorables à un gouvernement issu du Peuple et contrôlé par celui-ci.
La source fondamentale de souveraineté dans cette constitution est le Peuple masculin âgé de plus de vingt-cinq ans et payant le cens fixé à quatre cents Belons (la nouvelle monnaie) : ce qui fait que seuls un million de personnes votent. Les électeurs sont censés, chaque année, se rassembler en assemblées législatives dans chaque province pour ratifier les lois qui leurs sont présentées et élire les magistrats de l'exécutif de la République (les Consuls) qui sont au nombre de dix et doivent payer huit cents Belons de cens (ce qui fait que seuls cent-dix mille Belondaures peuvent être éligibles), s'occupant chacun d'un domaine de l'État. L’élection à une magistrature entraîne automatiquement son intégration au Sénat de la République, une fois le mandat écoulé, et cela à vie.
Le Sénat, composé d'élus du Peuple payant au moins huit cents Belons de cens pour trois ans qui délibèrent en permanence, est censé s'occuper des affaires quotidiennes de l'Empire, notamment les plus importantes, et ses membres nomment les présidents des différentes cours de justice. Les magistrats quant à eux doivent faire respecter la loi votée par le Sénat, s'expliquent devant celui-ci et convoquent les assemblées législatives de la République.
Enfin, est élu tous les deux ans un magistrat issu du suffrage universel masculin (hommes âgés de plus de vingt-cinq ans), le Premier Consul, dont le seul pouvoir est de pouvoir proposer une loi et d'apposer son veto à une de celles-ci.
Les trois branches du gouvernement sont censées s’équilibrer et se contrôler mutuellement, de façon à minimiser les risques de tyrannie et de corruption et à maximiser la probabilité de former un bon gouvernement.
La « République démocrate » (1874 - 1877)
Les premières élections législatives pour désigner Consuls et sénateurs ont lieu les 15, 16 et 17 août 1874. Les libéraux l'emportent logiquement de par la structure du corps électoral. Ils conquièrent tous les postes de Consuls et deux cents sièges sur quatre cents au Sénat, tandis que les républicains modérés (des libéraux favorables au suffrage universel) et les démocrates ont chacun cent sièges. Une semaine plus tard, le Premier Consul élu est lui un démocrate en la personne de Maximien de Rontanin. Les premiers mois sont extrêmement conflictuels entre libéraux et démocrates au Sénat, tandis que le Premier Consul pose veto sur veto et voit ses propositions de lois systématiquement rejetées. Finalement, le Premier Consul parvient avec l'appui de la Garde républicaine qui le soutient à évincer les libéraux du pouvoir, tandis que le Sénat exclusivement démocrate se permet désormais de nommer les Consuls, en total irrespect de la Constitution. Les démocrates instaurent un gouvernement extrêmement centralisé, font la chasse aux libéraux, considérés comme anti-patriotes et traîtres ; le fédéralisme devient puni de mort, tandis que des mesures extraordinaires qui limitent les libertés et donnent d'immense pouvoirs au Premier Consul sont adoptées. Ces mesures extraordinaires doivent sauver la Grande Révolution et le 23 décembre 1874, la proposition de loi du Premier Consul sur la levée en masse du Peuple est approuvée à l'unanimité. C’est le premier exemple dans l'Histoire d'une conscription obligatoire de tous les jeunes hommes célibataires. Le 25 sa proposition de loi sur l'effort de guerre est également approuvée à l'unanimité : toute l'économie est tournée vers la guerre. De la même manière, alors que le Peuple meurt de faim le Premier Consul dépose une proposition de loi le 27 février 1875 contre l'accaparement qui punit de mort la spéculation, et qui fixe le prix maximum des denrées nécessaires, du grain et des farines.
L'ensemble de ces mesures d'exception permet de vaincre les révoltes, notamment après de fortes épurations (plus de trois cents mille morts au Dolosas !) et de dégager les frontières dès l'automne 1875. Les armées belondaures, commandées pour la plupart par des généraux issus du rang, passent de nouveau à l'offensive. Le général de Temararien parvient à prendre Braserel, capitale de l'Eslagne le 15 novembre 1875. Le 19, il bat les armées du Roi d'Eslagne Jean-Pierre IX à la Bataille d'Ausenie. Le Roi est fait prisonnier et envoyé à Elbêröhnit, tandis que l'Eslagne est annexée au Belondor et divisée en quatre provinces. En janvier 1876, l'Aselle et la Térèce sont définitivement reconquises grâce à la Bataille d'Andelus. Il en est de même pour la rive gauche du Bélière : il n'y a plus un seul soldat ennemi sur le territoire national en février 1876. Cependant, le Peuple perçoit ceci comme la fin du danger sur le salut public. Les démocrates pourtant renforcent leur autorité en autorisant la police à exécuter les gens sur simple dénonciation, le 15 avril 1876 : c'est la loi d'exécution. Celle-ci entraîne la mort de plus de trente mille personnes dans le pays, détachant un peu plus le Peuple des démocrates. Par ailleurs, le mandat du Premier Consul touche à sa fin, alors que les Consuls ont déjà dépassé les leurs. Le peuple d'Elbêröhnit ne soutient plus un gouvernement illégitime, qui en plus ne tient pas sa promesse de réformer la Constitution repoussant celle-ci à la fin de la guerre... Et finalement le 29 octobre le Premier Consul de Rontanin cède et promet de nouvelles élections pour le 15 novembre 1876. Mais pour s'assurer la victoire de Rontanin tente de modifier la constitution et d'instaurer partout le suffrage universel. Les républicains modérés refusent ce changement qu'ils qualifient d'opportuniste ; tandis que les menaces de Rontanin sur le Sénat s'il ne vote cette révision constitutionnelle entraîne un déplacement de certains démocrates du côté des modérés. Finalement, le 15 novembre 1876, jour des élections, les modérés l'emportent en rafflant huit consulats sur dix, trois cents sièges de sénateurs et le poste de Premier Consul grâce à Antonel Rossetès. Une fois parvenu les résultats de la défaite des démocrates et la victoires des modérés, l'ancien Premier Consul de Rontanin met sa menace à exécution et tente le coup de force en arrêtant les sénateurs qui lui sont opposés. Finalement la Garde républicaine le lâche et il arrêté. Le 19 novembre il est guillotiné ainsi que les cent sénateurs démocrates. C'est la fin de la « République démocrate ». De nouvelles élections sont décrétées pour le 5 janvier 1877.
La « République libérale » (1877 - 1880)
Le 5 janvier 1877 sont élus deux cents soixante sénateurs modérés, une centaine de sénateurs libéraux et une quarantaine de sénateurs démocrates (dont l'élection sera d'ailleurs invalidée) ; de plus le poste de Premier Consul revient à un libéral Gaston d'Arganel, et quatre consulats sur dix. Pour éviter un nouveau conflit institutionnel, libéraux et modérés se mettent d'accord... les modérés rejoignent les libéraux et abandonnent leur idée de suffrage universel. Les premières mesures de ce gouvernement libéral sont donc de mettre fin à ce régime d'exception qu'a été la République démocrate. Le suffrage censitaire est même étendu à l'élection du Premier Consul, qui fait figure de chef du Gouvernement rassemblant les Consuls, bien qu'il ne soit pas révocable. Mais la constitution ne permet pas de résoudre les conflits entre les différents pouvoirs. Et la « République libérale » n'en finit pas avec les coups d'Etat, en 1878, en 1879 et 1880 à chaque élection pour écarter les démocrates et les royalistes. Les exécutions à la guillotine continuent. L'insécurité est très grande ainsi que la misère populaire, car le pouvoir est embué par des idéologies : on tente de faire triompher un dogme libéral, ridicule et totalement inadapté au Belondor. Ainsi, l'on ne fait rien pour résoudre les conflits entre le Sénat, les Consuls, le Premier Consul et plus rarement les assemblées législatives. Par contre, sur le plan extérieur, les victoires sont nombreuses grâce notamment au général de Temararien qui fait figure de plus en plus de recours pour une parti grandissante de la population. Envoyé sur le front du Matnal et de l'Hollyade à partir de décembre 1876 il conquiert la seconde et une partie du Matnal en six mois. Les territoires pris sont transformés en sept provinces le 1er novembre 1879. En 1878, c'est au tour de la rive gauche du Bélière d'être reprise ainsi que la ville de Galène sur la rive droite, qui est rattachée aux provinces de l'ancienne Eslagne. Les frontières naturelles sont largement atteintes. Par ailleurs, le Matnal est transformé en « république sœur » avec des institutions calquées sur celles du Belondor et une politique étrangère inféodée, les frontières naturelles sont même dépassées avec l'annexion de l'Hollyade et d'une partie du Matnal. Enfin l'Ardanie, déclare la guerre au Belondor en octobre 1879, et c'est une nouvelle fois le général de Temararien que l'on envoie là-bas pour la conquérir. Il y parvient en quatre mois, l'Ardanie étant transformée en « république sœur » et rentre au Belondor le 9 mars 1880. Mais pendant ce temps, l'Eurone et la Gélèbre ont reconquis le Matnal et l'Hollyade : si les « républiques sœurs » bénéficient des acquis révolutionnaires comme la suppression de la féodalité et l'égalité en droit, elles doivent fournir des réquisitions et des œuvres d'art, ce qui rend vite la présence belondaure impopulaire.
La lassitude des Belondaures induite par les désordres intérieurs et la guerre extérieure qui n'en finit pas permet au général de Temararien d'être favorablement accueilli lorsqu'il revient le 9 mars 1880. Il pense son heure enfin venue et quand il arrive le 15 à Elbêröhnit il met sur pied un coup d'Etat qui doit déboucher le 25 mars sur la chute de la Ière République. Il bénéficie de plus de puissants appuis politiques. Le Peuple le soutient et demande la démission du Premier Consul, Hervé de Lanceron. Celui-ci, manquant de nerf, cède. Antonine de Temararien est élu triomphalement Premier Consul le 30 mars avec 97% des suffrages exprimés. Le lendemain, il publie des décrets suspendant la Constitution et annonçant la réunion d'une commission chargée d'en rédiger une nouvelle, plus forte et stable pour sauver la République. Ainsi se termine la « Grande Révolution » et débute la formidable histoire du plus grand Belondaure de tous les temps : Antonine de Temararien.
Antonine de Temararien : de la IIème République au Premier Empire (1880 - 1882)
La « Constitution Antonine »
Antonine de Temararien fait rapidement rédiger une constitution. Antonine y est désigné comme Premier Consul dirigeant un Gouvernement composé d'une dizaine de Ministres, et ce pour dix ans. Il a le pouvoir de nommer à toutes les fonctions publiques (armée, justice, etc.) et il a seul l'initiative des lois et du budget. Par ailleurs, les Ministres sont réduits à portion congrue, simples commis du Premier Consul, aux pouvoirs uniquement de consultation et d'exécution des volontés du Premier Consul. Il peut également désigner son successeur au suffrage du Peuple.
Le pouvoir législatif est divisé en trois chambres : la Diète, la Chambre des Sages et le Sénat.
La Diète est nommée par le Premier Consul sur une liste nationale de mille personnes désignées par le Peuple au suffrage universel direct. Son seul pouvoir est de débattre des projets de lois et de les approuver.
La Chambre des Sages, désignée selon le même mode que la Diète, a comme seule fonction de pouvoir demander au Premier Consul le renvoi d'un Ministre et de proposer des amendements aux lois déjà adoptées.
Enfin, le Sénat, désigné directement par le Premier Consul, possède un peu plus de pouvoirs, puisqu'il dispose du droit d'adresse et d'interpellation, il peut également proposer une révision constitutionnelle et s'opposer à l'adoption de lois anticonstitutionnelles ; et enfin il peut déposer auprès du Gouvernement les bases d'une loi.
Quant aux Maires ils sont désormais nommés par le Premier Consul (le Maire de la plus grande ville de chaque province dirigeant également cette province).
Les Français sont donc constamment consultés pour les nominations des élus et par les plébisites : ainsi la Constitution est approuvée par les Belondaures le 22 avril 1880 par 98% des suffrages exprimés (mais avec une abstention de 30%). Le pouvoir personnel d'Antonine de Temararien est renforcé par la réforme constitutionnelle approuvée par plébiscite le 15 décembre 1880 par 99% des suffrages exprimés : il est désormais Premier Consul à vie. Les pouvoirs de la Chambre des Sages sont réduits (elle ne peut plus demander le renvoi d'un Ministre), comme ceux de la Diète, puisque le Premier Consul peut adopter un projet de loi par un simple sénatus-consulte : il le transmet au Sénat qui s'il l'adopte le transforme en sénatus-consulte immédiatement applicable. Quant aux libertés, elles sont effectivement réduites, notamment parce que des abus sont commis : liberté de presse, de réunion, d'expression, d'opinion, censure dans l'édition et le théâtre. Il s'agit donc d'une dictature de salut public puisque le Belondor est menacé par les puissances étrangères et l'anarchie intérieure. Antonine de Temararien était alors le seul à comprendre que la démocratie parlementaire et libérale était impossible au Belondor, inadaptée à notre Peuple. Il fonde donc la « démocratie autoritaire et plébiscitaire », largement approuvée par ailleurs par les Belondaures et qui prouve son efficacité.
De la « République plébiscitaire » au Premier Empire
Des réformes administratives majeures
Antonine arrivé au pouvoir, il renforce la centralisation administrative. À partir de juin, il nomme à la tête de chaque province, un Préfet chargé de représenter l'État et qui dispose de pouvoirs plus importants que les conseils provinciaux et civils réunis. Il prend soin aussi de nommer ou faire nommer les Maires. Les Préfets sont chargés de mettre fin aux divisions nées de la Grande Révolution et de briser tout ce qui reste de particularismes locaux. Les institutions financières et judiciaires sont organisées de la même manière, les juges étant nommés par le Premier Consul. Il fonde également un statut pour les fonctionnaires pour faciliter leur recrutement. Il réforme également la justice en instituant la Cour de Cassation, la Cour d'Appel et le Tribunal de Grande Instance ; et en créant la fonction de Magistrat du Parquet. Il institue par ailleurs l'ordre du Glaive d'Or récompensant les citoyens méritants.
Une économie prospère et stabilisée
Il parvient rapidement à rétablir la stabilité financière du Belondor. Il crée la Fondation Bancaire, chargé de contrôler l'ensemble des banques du pays notamment sur l'émission monétaire. En 1881, le décret impérial de Sesterce (petite bourgade au sud du Département actuel des Valanques-Orientales), crée le Sesterce Belondaure. La pièce d'un Sesterce est d'un poids invariable de 5g d'or. Elle gardera la même valeur jusqu'à la IIIème République. Il fonde également la Cour des Comptes afin de contrôler les comptes des cités et provinces ainsi que des administrations publiques : l'objectif étant de faciliter les réformes par un contrôle accru. Le commerce de la même manière s'accroit grandement, nombre de grand travaux sont entrepris. Il modernise également l'impôt en créant la Taxe de Propriété et la Taxe sur le Logement ; il impose également le Livret ouvrier.
La paix intérieure ramenée
La promulgation des « Lois de civilité » en 1882 permet l'achèvement de l'unité du pays et de régler les différends et les rapports entre les Belondaures. Ces lois traitent de la famille, de la propriété et des contrats. Il mélange les règles de droit écrit et les coutumes des différentes régions dans un texte applicable à tous les Belondaures. Le Premier Consul met aussi fin de la même manière au brigandage et à l'insécurité dont souffraient beaucoup de provinces. Il crée un service policier extrêmement efficace composé de deux antennes : la Police Politique de la République et les Services Consulaires d'Espionnage et Renseignement. La réconciliation avec l'Eglise Syiste est en marche avec le Concordat de Veledris, même si Antonine de Temararien ne pourra jamais compter sur le soutien de la hiérarchie syiste. Par ailleurs pour mieux contrôler le pays, il fonde la maréchaussée et réorganise l'Armée afin de disposer de plus d'hommes, mieux coordonnés, capable de veiller à la fois à la sécurité du territoire et à la paix civile. Il met fin également aux divisions entre révolutionnaires et aristocrates grâce à son œuvre de fusion des élites.
Vers l'Empire
En 1882, le Belondor est toujours en guerre avec le Matnal, l'Eurone, l'Hollyade et la Gélèbre. La guerre fait rage depuis deux ans et si quelques victoires sont remportés par les généraux belondaures, elles ne sont en rien décisives du fait que les combats sont souvent indécis. De plus en plus les généraux font montre d'incompétence et la présence d'Antonine de Temararien est réclamée. En mars 1882, Antonine de Temararien décide de partir à la tête des armées après le désastre de Cedans le 28 février à la fontière hollyadienne. Le 23 mars, il remporte la victoire éclatante de Narogon contre les forces matnalo-hollyadiennes. En leur causant plus de vingt mille morts, et en capturant trente-cinq mille hommes, sans compter la dizaine de milliers de blessés, Antonine décapite la principale armée qu'il doit combattre. Ainsi, les Etats féodaux demandent un armistice le 28 mars censé déboucher sur une paix future.
A son retour dans la capitale le 2 avril, le Sénat dans une adresse au Premier Consul lui propose de l'honorer « afin de récompenser le plus grand citoyen de la République de la plus illusttre des manières au sein de la plus illustre des Nations » ; de la même manière, la Diète et la Chambre des Sages s'y prononcent favorablement. Ainsi, le 8 avril, jour de son anniversaire, Antonine de Temararien est proclamé « Empereur des Belondaures » sous le nom d'Antonine Ier ; les Belondaures acceptent le 30 avril, par plébiscite, à une écrasante unanimité (98% des suffrages exprimés) qu'il devienne Empereur héréditaire. Ce titre est chosii en référence à Maxenine le Grand dont Antonine est un grand admirateur, ainsi que de l'Empire latrin auquel le Belondor doit sa culture ; et également pour installer une « république monarchique » qui rompt en même temps avec l'Ancien Régime et n'est donc pas Royauté. Le sacre du nouvel Empereur, béni par le Légat de l'Eglise Syiste au Belondor, a lieu le 1er juillet 1882 à la Cathédrale Saint-Sixte-de-Grande-Puissance d'Elbêröhnit. À sa sortie de la Cathédrale l'homme est acclamé par le Peuple, rassemblé dans un consensus autour de sa personne, Empereur de par la volonté nationale et choisi et protégé « par la grâce de Dieu ». Toutefois, la couronne du sacre posé sur lui, l'Empereur est provique de suite une levée de bouclier de la part des monarchies féodales qui réfutent à ce « parvenu » le droit d'être monarque. C'est pourquoi aucune paix ne sera possible avec les monarques d'Ancien Régime.
Le Premier Empire (1882 - 1958)
Le règne d'Antonine Ier le Grand (1882 – 1903)
Les modifications constitutionnelles d'adaptation à l'Empire : la Constitution de 2584
Selon l'article 1 de la Constitution de 2584 instaurant l'Empire du Belondor, « le Gouvernement de la République est confié à un Empereur à qui est décerné le titre d'Empereur des Belondaures ». De la même manière, la Justice se rend en son nom en plus de se rendre au nom du Peuple belondaure. Des règles de successions sont insérées : l'Empire est un Empire héréditaire par ordre de primogéniture mâle à l'exception perpétuelle des femmes. Ainsi, y compris pour un Empire issu de la souveraineté nationale, la loi salique excluant les femmes du Trône s'applique. L'article 23 de la Constitution reconstitue la noblesse, tandis que les cinq articles suivants établissent la création de cinq grands dignitaires (Chancelier de Leurs Majestés Impériales, Grand Chambellan du Palais Impérial, Grand-Aumônier Impérial, Grand-Electeur de l'Empire et Grand Moff des Armées Impériales). Désormais ces mêmes dignitaires président aux conseils en l'absence de l'Empereur et aux assemblées élues. Tous les détenteurs de l'autorité sont appelés à prêter serment. Par là l'Empire affirme une différence avec la Royauté : il revêt un caractère de salut public et d'union nationale face aux dangers de divisions.
Une volonté intacte de réformer
Antonine Ier reste un grand réformateur après son accession au titre d'Empereur des Belondaures. Le 5 octobre 1882, il fonde treize universités à travers le Belondor, chapeautées par l'Université Impériale. Le 9 février 1883, il ressuscite la fonction de Grand Conseil des Sciences en fondant la Chambre des Sciences. Le 6 mars de la même année, il impose le numérotage des rues, paires et impaires, dans tout le Belondor. Le 15 juin 1884, il supprime la Chambre des Sages devant les bavardages inutiles dont elle fait preuve et l'opposition constante à sa politique. Le 3 juin 1886, il crée le Baccalauréat. Le 14 novembre 1890, sont promulgués les « Lois pénales ». Au mois d'avril 1891, il réforme la fiscalité (pour pouvoir faire face aux dépenses de guerre) et instaure la Patente (basée sur des revenus industriels et commerciaux), la Taxe de Propriété, la Taxe sur le Logement (qui touche propriétaires comme locataires dès l'instant qu'ils y logent) et l'Impôt sur les Portes et les Fenêtres (un impôt proportionnel au nombre de portes et de fenêtres). Du 15 au 30 juin 1892, publication de pas moins de 17 décrets instituant des Chambres de Commerce et de l'Industrie. Le 15 novembre de la même année, l'homosexualité est décriminalisée et devient un simple délit. Il est insitutué les fourneaux économiques par le décret du 31 mars 1896, chargé de fournir aux plus nécessiteux de quoi se nourrir et de leur porter assistance. Le 17 février 1897, il fait passer les droits de douanes de 30% à 50%. Le 2 mai de la même année sont instituées des bourses d'études au nombre de mille pour tout le Belondor. Le 29 décembre 1898, le secret de l'instruction est déclaré pour la Justice. Le 31 janvier 1899 est promulgué le Code de l'Organisation Judiciaire. Une loi du 20 avril 1899 soumet tout les journaux à timbrement et autorisation préalable, tandis que les imprimeurs doivent requérir un brevet de licence. Le 5 janvier 1900, les sociétés sont soumises à l'obligation de se déclarer aux autorités pour exercer leur activité.
Ces réformes changent le visage du Belondor qui devient une sorte de « superpuissance ». Il fait alors figure de première puissance militaire, diplomatique et politique. Il est uniquement devancé par la Gélèbre en terme de puissance économique. Néanmoins beaucoup de réformes ne sont pas menées parce que l'Empereur est constamment en guerre (d'ailleurs beaucoup de réformes sont faites alors qu'il est en campagne), qu'il doit faire face aux monarchies féodales et qu'il manque singulièrement de temps pour faire aboutir tout ses projets.
Les guerres antoninéennes (1884 - 1899)
Après la proclamation de l'Empire, les monarchies européennes (qui ont profité de l'armistice pour reconstituer des forces), font durer les négociations durant deux ans... Leur but est de reconstituer des forces importantes qui pourront résister aux armées impériales belondaures et finir par l'emporter. En effet Antonine Ier apparaît toujours comme invincible, il n'a connu que des victoire même contre des armées bien supérieures en nombre. Les armées impériales comptent alors huit cent mille hommes sous les armes et les monarchies d'Ancien Régime espèrent disposer du double pour 1883. Ainsi, les négociations trainent en longueur, les monarchies faisant trainer les choses afin d'arriver à leurs objectifs de reconstitution de leurs forces. Antonine Ier n'osent pas rompre les négociations les Belondaures étant fatigué de dix années de guerre. L'incident de Rosabelon le 3 août 1884 met fin aux négociations. La guerre reprend début septembre, et l'Empereur décide la levée d'un contingent supplémentaire de trois cents mille hommes, bien impopulaire, pour faire face à la menace.
La campagne du Belondor (1885 - 1890)
Après quelques mois de préparation au conflit, c'est l'invasion du Belondor par une armée coalisée de sept cents mille soldats. Les monarques coalisés veulent mettre fin à dix ans de guerre, à la Grande Révolution et abattre Antonine, qu'ils appellent « l'Usurpateur ». Celui-ci ne peut leur opposer qu'une armée réduite de moitié (quatre cents mille hommes environ), car il faut garder l'Eslagne et les forts face à une possible attaque des autres armées des coalisés. Au sein de cette armée, la Garde impériale, composée des soldats les plus valeureux et expérimentés, défend avec héroïsme chaque pouce de terrain. « Triomphe de la volonté sur le nombre » (selon les historiens), la campagne du Belondor est l’occasion pour Antonine de montrer son génie, en réussissant avec cette armée réduite à battre successivement ses ennemis divisés, notamment lors des batailles d'Andelios (3 février 1885), Malsandine (6 juin 1885), Marlont (1er avril 1886), Mâtereau (30 août 1887) et Monte-Sac (15 octobre 1889).
Malgré ses victoires, les coalisés ne faiblissent pas et remportent des succès face aux subordonnés de l'Empereur notamment celle de Valençon-les- Veaux le 24 août 1887 qui faillit provoquer la défaite finale du Belondor (celle-ci ouvrant la route d'Elbêröhnit : heureusement l'Empereur l'emporte à Mâtereau), et se promettant de rester unis jusqu’à la défaite totale d'Antonine, ils remportent l'éclatant succès de Tandenine (15 décembre 1888) qui prive Antonine Ier de cinquante mille hommes, faits prisonniers. Finalement, la victoire d'Argençon le 13 avril 1890, qui provoque la mort de six mille Belondaures (sur cent mille) face aux coalisés rassemblés qui eux accusent trente mille morts et autant de prisonniers (sur cent quatre-vingt mille). Le Belondor exulte de cette victoire. Antonine Ier devient un véritable héros et la campagne soude autour de lui tous les Belondaures quelques soient leurs tendances et opinions politiques. Les coalisés en plus d'avoir échoué à renverser Antonine, héritier de la Grande Révolution, l'ont renforcé.
La campagne d'Hollyade (1890 - 1894)
Antonine Ier ne peut lever plus de troupes. Il dispose de six cents mille hommes pour mener la contre-attaque face à neuf cents mille coalisés. Il propose donc des offres de paix qui sont refusés. Il prend alors le commandement de l’armée et dirige la contre-attaque en Hollyade. Une série de petites victoires durant l'année 1890 précèdent la gigantesque bataille de Solerning (quatre cents mille hommes au combat), première échec d'Antonine puisqu'aucun camp ne remporte la victoire. Le 15 juin 1892 est signé un armistice pour trois mois. Les négociations échouent de nouveau. Le Prince André, frère du Roi de Gélèbre, commet l’erreur de ne pas poursuivre les troupes belondaures dirigées par le Maréchal Algeros, qui se replient à la suite des combats d'octobre 1892, ce qui aurait consolidé son succès. En conséquence, Antonine peut préparer sereinement le siège d'Alsterdyon, qui commence en janvier. La ville tombe le 15 février 1893. Il vainc ensuite les Euronéens à Wolerden (5 au 8 mai 1883).
Cependant Antonine Ier doit revenir en vitesse à Elbêröhnit (ville dans laquelle il n'a plus mis les pieds depuis 1887 !) où une conspiration royaliste manque de réussir. Deux généraux conspirateurs sont condamnés et exécutés, une dizaine de députés condamnés à la prison. Une épuration de la haute-administration à lieu. Cependant, ces semaines perdues sont capitales, l'incompétence des maréchaux étant notoires. Ils perdent toutes les batailles... et le Belondor est de nouveau menacé. A nouveau l'Empereur doit se battre sur le territoire national, alors que le mouvement nationaliste et patriotique tend à s'essouffler après plus de dix ans de conflit...
La « lutte pour la Patrie » (1894 - 1899)
L'Empereur des Belondaures combat de nouveau contre les coalisés sur le sol national. Il ne dispose plus que de trois cents mille hommes, quatre cents mille avec ceux des places fortes qu'il faut tenir pour protéger les frontières d'Eslagne. A l'inverse, les monarchies féodales ont encore levé cent cinquante mille « volontaires » : ils disposent ainsi de plus de sept cents mille hommes. Mais l'Empereur fait encore preuve de son génie militaire... Il donne l'ordre au Maréchal Lièvre d'attaquer au front nord-est avec cent cinquante mille hommes les armées gélèbroises et euronéennes les unes après les autres. L'Empereur lui attaque au sud contre les Hollyadiens et Matnaliens avec cent cinquante mille hommes également. Si l'Empereur remporte deux succès de grande ampleur les 4 juin et 10 août 1894, libérant ainsi les régions de l'Aselle et de l'est du Dolosas et du sud de la Térèce. Cependant, les succès de Maréchal Lièvre sont plus mitigés. Après une victoire le 8 mai à Boilon et le 15 juin à Aulseter, il s'incline face aux Gélèbrois le 3 août puis le 19 septembre, respectivement à Vylionra et Volean. Antonine Ier s'assure donc de la fortification de la frontière et de sa défense pour pouvoir résister à une très probable contre-offensive au sud-est. Il y laisse cent mille hommes, et avec trente mille hommes apport un soutien au Maréchal Lièvre qui avec cent mille hommes doit toujours affronter deux cents cinquante mille hommes.
Les succès sont immédiats, attaquant séparément les différentes ailes de ses ennemis. Il remporte ainsi en huit mois une quinzaine de petits succès... l'armée gélèbro-euronéenne est décapitée lors de la bataille décisive de Julia-Bonos, le 5 septembre 1895. Avec cent mille hommes il y vainc les cent cinquante mille hommes du Prince Zoluski de Gélèbre. Laissant le reste de l'armée au Maréchal Lièvre, il part de nouveau vers le sud-est où les Hollyado-matnaliens ont contre-attaqué. Finalement, en deux victoire les 2 et 9 octobre, il décapite également leurs armées : le Belondor est sauvé, mais la lutte n'est pas terminée. Néanmoins, l'Empereur qui a appris de la dernière conspiration, entend revenir à Elbêröhnit pour gouverner, reconstituer son armée et montrer sa puissance. La Gélèbre a débarqué trente mille hommes en Ardanie, il décide donc d'y envoyer quinze mille hommes pour empêcher la prise par les Gélèbrois : c'est un échec. Le premier pour l'Empereur. En janvier 1896, la monarchie en Ardanie est restaurée... pour peu de temps.
Les combats continuent tandis que l'Empereur fait passer plusieurs réformes importantes et consolide ses effectifs. Il souhaite disposer de cinq cents mille hommes avant de repartir au combat. Le 15 septembre 1896 l'armistice tacite est rompu, la guerre reprend... Et les victoires également : l'Empereur vainc les unes après les autres les troupes féodales. Le 17 mars 1896, avec la victoire de Liénna qui fait vingt mille morts chez les coalisés et cinq mille chez les Belondaures. Avec trois cents mille hommes, il décide d'en finir définitivement. Il lève cependant cinquante mille hommes pour libérer l'Ardanie et délègue le Maréchal Saint-Valeureux pour réaliser cette libération : ceci est réalisé le 30 novembre 1897. Pendant ce temps, l'Empereur remporte toujours succès sur succès : le Matnal, l'Hollyade et l'Eurone sont vaincus. Et le 5 janvier 1899, la victoire de La Molsivonberg, lui ouvre les portes de Marceinne... la Gélèbre - qui subit l'humiliation de voir sa capitale occupée à partir du 9 janvier - demande la paix. Les monarchies féodales n'ont plus le choix. L'Hollyade perd les deux-tiers de son territoire au profit du Belondor, la Gélèbre perd la région du Welminster (sud-ouest) et l'Eurone la moitié de son territoire occidental. Quant au Matnal, sa dynastie est renversée et l'Empereur des Belondaures en devient Roi du Matnal, par le Traité de Calparmin signé le 13 mars 1899. Le Belondor est enfin en paix après près de trente ans de guerre et plus puissant que jamais.
Lorsque l'Empereur des Belondaures, Antonine Ier meurt le 5 mai 1903 à l'âge de soixante-trois ans. L'apothéose impériale, qu'il avait réinstituée et modernisée, est organisée par son fils le nouvel Empereur Antonine II, âgé de vingt-trois ans (il est né le 11 mars 1880). Cependant, il donne à son corps défendant naissance à un mouvement nationaliste autour de l'idée de « Germanie » (rassemblant la Gélèbre, le Matnal, l'Hollayde et l'Eurone).
Antonine II (1903 - 1915)
Antonine II meurt extrêmement jeune sur les champs de bataille. En effet la guerre a repris contre les monarchies féodales germaines à partir de 1911 suite à la répression de Valdeboure en Hollyade qui provoque une révolution. Néanmoins, celle-ci se termine avec la victoire de Smocenque dans le sud de la Gélèbre, mais qui voit en même temps la mort de l'Empereur le 5 juin 1915. Que dire de cette guerre ? Bien que courte elle provoque un nombre important de morts par la guérilla que mènent les populations pour soutenir les rois féodaux. Ainsi, c'est plus de deux cents mille Belondaures qui y ont laissé la vie (pour un million et demi en vingt-sept ans de conflit pour les guerres de la Grande Révolution et de l'Empire). Si la victoire est au rendez-vous, elle annonce des revers futurs.
Au niveau des réformes politiques qu'il instaure, il décide de déléguer aux chambres la constitution de la liste civile pour lui-même et l'ensemble des titulaires de la Famille Impériale et des grandes dignités. Par ailleurs, il libéralise grandement les « Lois de civilité » et les « Lois pénales ». La réforme des premières, du 17 septembre 1908, supprime les avantages des aînés sur les cadets définitivement et instaure l'égalité entre les enfants (ce qui favorise l'apparition d'une classe paysanne propriétaire) et supprime tout divorce même contrôlé et restreint. La réforme des secondes, du 1 octobre 1910, supprime les châtiments corporels (carcan, marque, coupe du poing, ...), la peine de mort est abolie dans trois cas, dont l'imprudence, de plus certains crimes deviennent de simples délits tels la diffusion de messages contraires à la décence ou l'usurpation de signes d'identités. Par ailleurs les droits de douanes sont portés à un niveau jamais atteint jusqu'à aujourd'hui, passant de treize pour cent en 1903 à vingt-huit pour cent en 1908 à soixante-et-un pour cent en 1915 : l'Empereur a la sincère conviction qu'il faut protéger les manufactures et industries belondaures naissantes et donc augmenter les taxes à l'importation. Cependant pour favoriser le commerce, les barrières de l'octroi (véritables péages intérieurs) autour des grandes villes sont abaissées de moitié.
Son règne favorise donc de nouveau l'ancrage du Belondor dans la modernité et ce même si le budget de la Guerre prend toujours de très grandes proportions, pour cause de l'opposition des monarchies d'Ancien Régime.
Amezzianel Ier (1915 - 1958)
Le nouvel Empereur monte sur le Trône alors même qu'il n'a que quatre ans (il est né le 3 avril 1911). Il doit donc s'exercer une Régence. C'est tout naturellement l'Impératrice Béatrice qui va l'exécuter (elle-même âgée d'à peine vingt-et-un ans).
La Régence Béatrice (1915 - 1929)
Déclin du Syisme et essor de la Zorthodoxie
Le Syisme belondaure avait déjà en grande partie perdu de son influence pendant la Grande Révolution, du fait de son soutien sans faille au Roi, puis son soutien implicite aux monarchies féodales coalisées, souhaitant la défaite des armées révolutionnaires. De même, tous les mouvements dissidents au sein du Belondor avaient été soutenus par l'Eglise et son Primat. Mal lui en pris, car au même moment l'Eglise Zorthodoxe Universelle entame une grande campagne de conversion au sein de l'Archipel. Le Belondor n'y échappe pas. C'est ainsi que près de deux millions de Belondaures sur vingt-cinq millions en 1880. Sous le règne d'Antonine Ier, le Concordat de Veledris vient un temps arrêter ce mouvement, l'Eglise semblant se rallier, espérant certainement la destruction des conquêtes révolutionnaires. La consolidation de ces acquis provoque un rejet par l'Eglise du Premier Empire. Les dispositions « laïques » qu'il prend comme mesure de rétorsion donne un nouvel essor aux efforts Zorthodoxes. En 1900, ce n'est pas moins de huit millions de Zorthodoxes que compte l'Empire sur cinquante-et-un millions d'habitants.
La Régence de l'Impératrice-Mère Béatrice accentue le phénomène par les nombreux conflits qu'elle engendre avec l'Eglise Syiste. En effet, après de multiples conflits sur l'instruction publique et libre, sur les congrégations, sur le catéchisme, sur l'anoblissement de non-Syistes par l'Empire, sur la nomination de Zorthodoxes au Gouvernement, l'Impératrice-Mère demande au Ministre des Cultes de l'époque d'adopter quatre ordonnances gouvernementales :
- le Pape n'a qu'une autorité spirituelle ; l'Empereur n'est donc pas soumis à l'autorité de l'Église dans les choses temporelles ;
- il ne peut juger les évêques et ni les déposer qu'avec l'accord de l'Empereur ;
- le concile œcuménique, réunion de tous les évêques du Syisme, prend des décisions qui ont une valeur supérieure à celles du Pape dont son autorité est donc limitée par celle des conciles généraux ;
- en matière de dogme, le Pape n'est infaillible qu'avec le consentement de l'Église Syiste rassemblée.
Ces ordonnances déclenchent la colère de l'épiscopat et font le jeu de la Zorthodoxie. En 1930, l'Empire compte environ vingt-cinq millions de Zorthodoxes sur cinquante-huit millions d'habitants et plus de dix millions de Syistes sont « hors l'Eglise » par fidélité au Gouvernement.
Le Syisme apparaît donc comme le grand perdant du Premier Empire et de la Grande Révolution, et son attitude ne fait qu'accélérer la désaffection des Belondaures, en refusant par exemple de sacrer Amezzianel Ier à sa majorité parce que l'Impératrice-Mère refuse l'abrogation des « quatre ordonnances ».
Le Gouvernement par l'Empereur (1929 - 1958)
Une fois atteint dix-huit ans, il revient à l'Empereur Amezzianel Ier de gouverner en pleine possession de ses moyens théoriquement. En réalité, étant encore bien jeune, si c'est bel et bien lui qui prend la décision, il reste extrêmement soumis à l'influence de sa mère et du Ministre de la Guerre, le Maréchal Raddon. Or, ce dernier est Zorthodoxe et pousse le jeune Empereur, pourtant fervent Syiste, à montrer une intransigeance à toute épreuve envers le Pape et à ne pas renoncer aux « quatre ordonnances ». Ainsi, l'Empereur adopte-t-il le décret du 13 mars 1931 qui soumet toute nomination des évêques par le Pape à l'accord de l'Empereur et oblige ceux-ci à prêter serment de fidélité. La réaction du Pape ne se fait pas attendre et le 3 avril, il excommunie l'Empereur Amezzianel Ier.
Cette décision malheureuse du Pape, pousse nombre de Syistes à se détacher de cette religion par fidélité à l'Empereur. En 1835 on ne compte plus que quinze millions de Syistes ; les Zorthodoxes étant devenus la première religion de l'Empire avec quarante-trois millions de fidèles. De nombreuses mesures de rétorsion sont prises alors par l'Empereur qui limite le nombre de congrégations syistes et les soumet à autorisation préalable pour exercer leurs activités. Par ailleurs, les congrégations religieuses zorthodoxes voient leurs activités facilitées. La province de Cancraces très pieuse et Syiste se soulève, favorisant le brigandage qui avait été détruit auparavant par Antonine Ier. Une mini guerre civile commence alors, qui va durer quatre mois de septembre 1931 à janvier 1932 et qui fera près de trente mille morts ! Enfin, trois des quatre nations Syistes de Germanie (la Gélèbre, l'Hollyade et l'Eurone) se coalisent de nouveau pour faire renter, comme au temps d'Antonine Ier, le Belondor dans le droit chemin.
La Guerre de Reconversion (1934 - 1936)
Le 24 mai 1934, les trois armées germaines distinctes pénètrent en même temps en territoire belondaure, afin de garantir la supériorité numérique des coalisés face aux Belondaure et empêcher l'ennemi de se concentrer sur une seule colonne. Les Belondaures sont alors encore assez mal préparés à cette guerre, pourtant prévisible, et le contingent militaire avait été fortement réduit (l'armée n'était plus constituée que de six cents mille hommes). Mais, les installations militaire compensent le tout car elles sont uniformément organisées. En juillet 1934 le gouverneur Castel-Rodrin abandonne Beneline qui est prise aussitôt. Le Roi de Gélèbre veut alors s'emparer immédiatement de Minelit alors que le Roi d'Eurone préfère que ses troupes s'aguerrissent en assiégeant les principales villes frontalières de l'est belondaure, et il met le siège devant Hams-Berg et Rex Civit. La première tombe le 3 août, la seconde le 19. Origodes est alors attaquée en septembre et tombe le mois suivants, tandis que Minelit continue de résister jusqu'à fin novembre. L'Armée Impériale s'est cependant épargnée des combats difficiles et meurtriers. Fin décembre, l'Empereur dispose de plus de neuf cents mille hommes pour contre-attaquer, d'abord contre les Euro-hollyadiens, qui sont vaincus les 19 et 29 janvier lors des batailles de Mortegoux et Samblant.
Le 8 février 1667, le Maréchal Palonssier, qui avec trois cents mille hommes résistaient jusque là à l'envahisseur gélèbrois, est rejoint par l'Empereur. Le 17 mars, il prend la ville de Bregalaçon, qui ouvre le chemin de Minelit. Le Roi de Gélèbre préfère alors lever le siège et se dirige vers Salinès, où le 31 mars une furieuse bataille entre Belondaures et Gélèbrois fait quatre-vingt dix mille morts (sur huit cents mille toutes forces confondues). Par la suite, l'Empereur reprend la ville de Dantérien, à soixante-dix kilomètres au sud de Beleine après un siège de quatre jours. Le 6 mai, Beneline est le théâtre d'une bataille où l'ensemble des troupes disponibles d'Amezzianel Ier (quatre cents cinquante mille hommes) et d'Ulrich V (1910 - 1965), le Roi de Gélèbre, (quatre cents mille hommes) s'affrontent à corps perdus durant trois jours. Alors que la bataille est longtemps indécise, l'Empereur l'emporte après avoir perdu cents cinquante mille hommes (pour cents soixante mille à Ulrich V). Épuisées, les deux armées ne sont plus en état de combattre. La paix est finalement signée le 17 janvier 1936 après d'âpres négociations : les États coalisés doivent payer cent millions d'indemnités au Belondor, rien de plus.
L'Entre-Deux-Guerres (1936 - 1956)
La politique impériale durant la période que l'on a nommé « Entre-Deux-Guerres » est toujours aussi réformatrice et active, mais reste bloquée en partie par certains conservatismes et une certaine faiblesse morale de l'Empereur, ce qui tempère l'autoritarisme du régime (bien que le Peuple ne s'en plaigne pas puisqu'il continue d'avoir droit au chapitre). Néanmoins quelques mesures phrases sont prises qui permettent à l'Empire de continuer à bien se porter et qui montre une certaine évolution. Par ailleurs une certaine lutte d'influence apparaît autour de l'Empereur entre les héritiers de l'ancienne noblesse, conservateurs, et la nouvelle aristocratie et les premiers industriels qui apparaissent, réformateurs. Par leurs nominations à des postes clés de l'administration ou des ministères ils tentent d'infléchir la politique impériale dans tel ou tel sens. Les réformateurs semblent l'emporter au début puisque l'Empereur abaisse les droits de douanes pour favoriser la réciprocité de certains pays à un niveau raisonnable (environ vingt pour cent), signant également des traités de commerce et de libre-échange avec certaines nations, dont la Gélèbre et l'Hollyade principalement. Par ailleurs, il est créé par les lois scolaires de 1941 et 1943, les premières écoles publiques (qui atteignent bientôt le chiffre de trois mille). Ces mêmes lois sont complétées en 1948 par une série d'édits qui fondent des collèges publics. Par ailleurs, une active politique économique est mise en place sous le ministère du Trésor, Berriès (1842 - 1846), creusant et aménageant des canaux, tunnels, voies pavées, menant de grands travaux à Elbêröhnit, Cancraces et Ecosient. Par ailleurs, il favorise l'industrialisation du pays en créant des statuts juridiques différents pour les sociétés et compagnies. Mais bientôt, en 1846 arrive une crise économique et agricole. Celle-ci permet d'amener sur les listes de notabilités de la Diète plus de huit cents conservateurs.
Les conservateurs, sans être majoritaires (l'Empereur ayant choisi autant de conservateurs que de réformateurs) parviennent à infléchir la politique dans un choix plus protectionniste et favorables aux propriétaires terriens. La crise agricole prend fin en 1950, tandis que des difficultés économiques perdurent jusqu'à la guerre. Les droits de douanes sont doublons, au grand plaisir des industriels qui se sont convertis au protectionnisme. Par ailleurs, la loi scolaire de 1953, tout en continuant les avancées quant aux établissements publics, mettent fin à la laïcisation du système scolaire et renforcent le poids de l'Eglise Syiste (ce qui aura comme conséquence d'arrêter le déclin du Syisme). Néanmoins, l'Empereur continue seul de décider. Si la politique s'infléchit c'est parce qu'il se laisse influencer. De grands travaux d'assainissement des marais sont entrepris et la modernisation du maillage routier de l'Empire est poursuivi. Les opposants les plus radicaux et virulents envers le régime et l'Empereur sont par ailleurs, tous emprisonnés et la censure se renforce contre la presse et les publications littéraires après la publication de l'ouvrage de Kaerl Merks, « La Proclamation du Parti merksiste », en 1950. De fait, si la politique se fait plus conservatrice, l'Empire paraît plus fort que jamais en 1956.
La Guerre du Matnal (1956 - 1958)
Pourtant une guerre allait ruiner plus de soixante-dix ans d'efforts ininterrompus. Le 29 mars 1956 éclate une révolution au Matnal afin de réclamer une constitution. Les États féodaux habituels de Germanie : la Gélèbre, l'Hollyade et l'Eurone menacent d'intervenir. Alors que l'opinion publique belondaure souhaite l'intervention de l'Empereur pour soutenir les Matnaliens contre leur Roi et les pays de Germanie, les conservateurs - qui sont même plutôt favorables aux États contre-révolutionnaires (il ne faut pas oublier que les conservateurs sont en grande partie composés de nobles d'Ancien Régime) pousse l'Empereur à la neutralité. Celui-ci passant outre leur avis engage les forces belondaures au Matnal après l'attaque gélèbroise et hollyadienne contre les Matnaliens, le 10 septembre. Il décide d'ajourner la Diète pour ne pas à avoir à subir des critiques des conservateurs et renvoie ses ministres conservateurs pour des réformateurs, proches de l'idéal universaliste de la Grande Révolution.
L'Empereur prend lui-même la tête de ses troupes dont leur nombre se porte à trois cents cinquante mille, alors que Gélèbrois et États coalisés n'avaient mobilisés que deux cents mille hommes. Les premiers combats sont donc des succès mais non décisifs. En effet les coalisés refusent le combat et préfèrent s'enfuir pour éviter un combat perdu d'avance. Début mai 1957, les États coalisés passent à la contre-offensive avec quatre cents mille hommes obligeant les Belondaures à reculer et à se battre sur le territoire belondaure. Néanmoins, la situation est rapidement rétablie et en juillet le front se stabilise tandis que l'Empereur demande incessamment des renforts. Ceux-ci ne viendront pas à temps et une terrible défaite est subie à Valtango le 8 septembre. Heureusement grâce à une belle habileté stratégique et trois victoires difficiles en trois jours (les 16, 17 et 18 octobre à Saint-Jean, Anteras et Champlèseurt). Mais la partie est déjà perdue. En effet, voyant l'Empire au bord de sa première défaite militaire, les conservateurs veulent en profiter pour réussir ce qu'avaient échoué leurs aînés sous Antonine Ier : renverser l'Empire et rétablir la monarchie.
La « Trahison des Ducs »
Le 3 janvier 1958 arrive une missive de l'Empereur au Ministère de l'Intérieur qui annonce son intention de déborder par le sud-est les troupes hollyado-euronéennes avant de se redéployer vers le nord contre les Gélèbrois. Malheureusement, une taupe au Ministère en informe les « Ducs de Saint-Germain » (du nom du Faubourg Saint-Germain à Elbêröhnit), députés, ancien Ministres : tous trahissent dans l'espoir, avec le retour de la monarchie, de restaurer l'Ancien régime et leurs privilèges (ils ne se sont jamais ralliés sincèrement à la Grande Révolution). Ceux-ci transmettent ces informations aux coalisés qui décident d'attirer dans un piège l'Empereur. Ils vont inciter celui-ci à respecter son plan prévu en attaquant vers le sud-est, les troupes hollyado-matnaliennes se portant à sa rencontre (sans espoir de victoire), tandis que les Gélèbrois fonceront vers Paris. Ainsi, le jour même où Amezzianel Ier remporte une formidable victoire à Bilienne le 10 janvier, les coalisés rentrent à Elbêröhnit, accueillis froidement par la population mais chaleureusement par les « Ducs de Saint-Germain » qui se sont empressés à leur venue. La « Trahison des Ducs » a réussi. Le 12 janvier, menaçant le Sénat de sanctions, il le force à voter la déchéance de l'Empereur et du régime et à faire une proclamation ne reconnaissant comme souverain que Charles Ier de Bordebon (vingt sénateurs termineront en prison pour avoir refusé de signer cette proclamation). Les alliés pendant ce temps-là s'emploient au bourrage de crâne sur une population belondaure dont le moral est au plus bas. Elle n'aura pas de sursaut cette fois-ci. Quatre vingt-cinq ans après Constantine IV, les Belondaures trouvent un Roi ramené dans les « bagages de l'ennemi ». La monarchie apparaît alors comme fondamentalement anti-nationale. Cette tâche indélébile ne la quitterait pas.
La « Seconde Restauration » (1958 - 1974)
L'Empereur Amezzianel est emprisonné dans une forteresse en Gélèbre - en attendant son empoisonnement le 5 décembre 1958 - tandis que sa femme est exilée au Locquetas, donnant naissance à son fils, Nabelnine de Temararien, seule, sans son époux ni proches, le 25 juillet 1958. Pendant ce temps, le Roi du Belondor s'empresse de signer la paix avec les puissances coalisées. Le Belondor perd l'Eslagne élevée en Royaume indépendant, avec à sa tête un Sikmaringen de Gélèbre (les Bordebon de Gélèbre ont gélèbrisé leur nom) et l'Ardanie devient un protectorat gélèbrois ; en plus de cela le Valograsse et l'Aselle sont remis au Matnal. Par ailleurs, l'Armée belondaure est réduite à cent cinquante mille hommes dont seulement cinquante pièces d'artillerie, tous ses forts sont désarmés et démontés et la marine est réduite de moitié, effaçant d'un trait de plus plus de quatre-vingts ans de victoires. Le Traité de Bienne est subi comme une humiliation. La monarchie en plus d'être vue comme anti-nationale est perçue comme humiliante par l'Armée. Elle n'obtiendra jamais son soutien. Pendant ce temps, nombre de soutiens du régime impérial, de militaires et de résistants sont traduits devant des tribunaux internationaux par les coalisés et condamnés à mort ; et ceux qui y échappent sont traqués par le gouvernement du Roi. L'honneur belondaure est profondément blessé, et tandis que seule l'Eglise Syiste semble se réjouir du retour du Roi, le Peuple se détache un peu plus du Syisme pour la Zorthodoxie. Il se développe également une légende dorée d'Antonine Ier et du Premier Empire. Loin d'être abattus, les Belondaures attendent leur revanche.
